Le SME c’est quoi ?

dimanche 2 février 2014

Le SME a pour objectif de réintroduire des règles de coordination des politiques économiques par la mise en place d’un “régime de changes stables mais ajustables” entre les États membres. Il s’agit, pour ses promoteurs, de se conformer à la lettre du traité de Rome qui préconisait un renforcement de la coopération monétaire pour accéder un jour à l’Union monétaire, et à plus court terme de convaincre l’ensemble des États membres que les gains (nets des coûts) de la coordination des politiques économiques imposée par un régime de changes stables sont supérieurs à ceux des stratégies de « passager clandestin ».

L’organisation du SME repose sur l’adoption d’une grille de parités bilatérales, sur des règles d’intervention et de défense des parités et sur une unité de compte commune, l’Écu.
Les deux premières conditions définissent le mécanisme de change (MdC).

Le mécanisme de change

Le principe de stabilité des taux de change des États membres du SME suppose que les parités soient toutes définies les unes par rapport aux autres par un cours, dit cours-pivot, autour duquel des marges de fluctuation sont autorisées. Elles ont été fixées à l’origine à +/- 2,25% du cours-pivot. Toutefois elles étaient de +/- 6% pour la lire italienne (jusqu’en janvier 1990), la peseta espagnole, l’escudo portugais et la livre sterling.
Après la crise de l’été 1993, la bande de fluctuation a été élargie pour toutes les monnaies participantes à +/- 15%.

Le SME, système de changes stables.

Si les neufs membres de la CEE ont d’emblée été officiellement membres du SME, ils n’étaient que huit à participer au mécanisme de change en 1978, le Royaume-Uni ayant préféré repousser la date de son adhésion à ce mécanisme. En tant que membre du SME, il est cependant associé à la définition de l’unité de compte. La livre sterling, comme les huit autres devises, entre donc dans la composition de l’Ecu et c’est seulement après octobre 1990 que les Britanniques participent au mécanisme de change (MDC). Il en va de même pour l’Espagne et le Portugal qui, ayant rejoint la Communauté en 1986, ont respectivement adhéré au MdC en juillet 1989 et en avril 1992, alors que la Grèce, également membre de la CEE depuis 1986, n’a pas participé à ce mécanisme. En revanche, parmi les trois derniers adhérents à l’Union en 1995, l’Autriche et la Finlande ont immédiatement rejoint le MdC. Enfin, à la suite des crises de spéculation de septembre 1992, la livre sterling et la lire italienne ont cessé de participer à ce mécanisme. En novembre 1996, cette dernière devise réintègre la grille de parités.

Lorsqu’une devise s’écarte de son cours pivot, les Banques centrales interviennent sur le marché des changes, en général de façon discrétionnaire et sans attendre que le cours effectif de la devise atteigne l’une ou l’autre extrémité de la bande de fluctuation définie lors de la création du SME à ± 2,25% (interventions infra-marginales). En effet, plus le cours effectif se rapproche de l’une de ces limites et plus les anticipations de modification du cours pivot sont grandes. La pression spéculative peut être alors si intense que les Banques centrales n’ont plus les moyens de s’y opposer par leurs interventions.
Les anticipations deviennent autoréalisatrices. Il n’y plus d’autre solution que de modifier le courspivot (réévaluation ou dévaluation).
Pour conduire ces interventions, les Banques centrales s’octroient mutuellement des facilités de crédit à très court terme. Par ailleurs, chaque État membre ayant déposé auprès d’un Fonds Européen de Coopération Monétaire (FECOM) 20% de ses réserves officielles en or et en devises bénéficie en échange d’avoirs en Écus mobilisables par sa Banque centrale pour intervenir sur le marché des changes.

Un système de changes ajustables

Il est possible de modifier les cours pivots et les bandes de fluctuations associées. Les États membres prennent cette décision de réalignement (ainsi que celle du nouveau cours pivot adopté) à l’unanimité. Depuis le démarrage effectif du SME, en mars 1979, jusqu’à la décision d’élargir les marges à +/- 15% en août 1993, il n’y a pas eu moins de 17 réalignements. Dans la plupart des cas la pression des marchés et / ou les indicateurs macroéconomiques ne laissaient guère d’autre choix que celui de procéder à un réalignement.

L’Ecu, unité de compte officielle

L’Ecu est un panier constitué des monnaies de chacun des États membres. La part des différentes monnaies entrant dans sa composition est calculée au prorata du poids économique (PIB, exportations, part dans le budget européen) de chaque État. Ainsi l’Ecu est composé pour 30,2% de deutschemarks, 19,3% de francs français, 12,8% de livre sterling, etc. soit, fin 1993, 0,6242 deutschemarks + 1,332 franc français + 0,08784 livre sterling etc…

Calcul du cours pivot de l’ECU en franc français à la fin de l’année 1998

(les coefficients appliqués ont été fixés en 1994 à l’occasion de la dernière révision - normalement la révision intervient tous les 5 ans donc 1979, 1984, 1989, 1994 et 1999 mais celle-ci est remplacé par le passage de l’Ecu à l’euro)


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