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jeudi 10 octobre 2013

Dans Le Monde du 10 octobre :

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Amazon défie PayPal, le leader des paiements en ligne. Au cours d’une conférence organisée à Las Vegas, le géant du e-commerce a lancé, mardi 8 octobre, un service concurrent de celui proposé par la filiale d’eBay. Baptisé " Login and Pay " (" Connectez vous et payez "), il est compatible avec les ordinateurs et les supports mobiles et permet aux sites marchands de proposer à leur clients un moyen simple de régler leurs achats.
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Le Monde du 18 septembre.Retour ligne automatique
PayLib, c’est le nouveau logo qui va apparaître sur de grands sites de commerce en ligne français, au moment de régler ses achats. Trois banques sont à l’initiative de cette solution de paiement à distance, BNP Paribas, Société générale et La Banque postale.

Elles n’ont guère l’habitude de travailler ensemble, mais l’enjeu justifie cette alliance de circonstance. PayLib s’attaque à PayPal, le leader incontesté du paiement en ligne avec 7 millions d’utilisateurs en France, qui s’est lancé sur ce marché il y a dix ans. Surtout, les banques veulent prendre position sur ce créneau avant que ne déferle d’ici quelques mois une nouvelle génération de porte-monnaie électroniques, concoctés par Google, Visa ou Mastercard.

Alors que les paiements sur Internet ont connu une croissance de 180 % depuis 2009, les banques se mordent les doigts d’avoir laissé le champ libre à PayPal. D’autant que se profile déjà une nouvelle révolution, celle des paiements nomades réalisés sur mobiles ou tablettes. A terme, c’est le coeur du métier des banques, le paiement de proximité, soit encore 93 % des transactions, qui est menacé.

L’enjeu est déterminant mais la partie n’est pas facile. Le Crédit agricole, parti seul, il y a deux ans, avec Kwixo, sa propre solution de paiement, n’a rallié que 450 000 particuliers. Buyster, la plate-forme soutenue par trois opérateurs de télécommunications, Bouygues Telecom, Orange et SFR, ainsi que par Atos, n’a guère plus convaincu.

La filiale d’eBay a pris une bonne longueur d’avanceRetour ligne automatique
La bataille est féroce. Le marché des paiements sur mobile devrait passer de 163,1 milliards de dollars (122,2 milliards d’euros) en 2012 à 235 milliards de dollars en 2013, soit une hausse de 44 %. Et il atteindrait, en 2017, 721 milliards de dollars de paiements sur mobile et 450 millions d’utilisateurs, selon les données publiées en juin par l’institut d’études Gartner.

Mais dans le paysage des moyens de paiement sur mobile, PayPal a incontestablement pris de l’avance. Acquise par eBay en octobre 2002, il s’agissait à l’origine uniquement d’une solution destinée à l’échange d’argent entre les particuliers qui achetaient et vendaient des biens sur le site Internet d’eBay. Mais PayPal a pris une autre dimension en s’extrayant du giron de sa maison mère : il est utilisé par une myriade de commerçants. Ce service, c’est aujourd’hui 132 millions de comptes clients actifs sur Internet, sur plus de 193 marchés dans le monde et dans 25 devises. Depuis cet été, la compagnie aérienne Airberlin accepte les paiements par l’intermédiaire de PayPal.

La force du système : payer en quelques clics sans avoir à saisir à chaque fois ses coordonnées bancaires ou effectuer tout aussi rapidement des transferts d’argent entre particuliers. Mais les commissions que les vendeurs doivent reverser à PayPal ainsi que l’énorme base de données de clients que la société s’est constituée ont suscité la convoitise et fait émerger une concurrence.

Contrer les acteurs du Net

En premier lieu, des acteurs du Net. Google a lancé son porte-monnaie électronique, Google Wallet, en 2011, mais il n’a pas encore pris la même ampleur que PayPal. Et Facebook, le réseau social au milliard de membres, compte bien, lui, entrer sur ce marché. Le groupe américain a confirmé au mois d’août qu’il allait prochainement tester sa solution de paiement, plus particulièrement pour les achats sur les boutiques en ligne présentes sur ses sites.

L’enjeu pour ces systèmes de paiement est également de pénétrer le commerce physique. Aux Etats-Unis, on peut payer à la caisse avec PayPal sur son mobile dans les magasins de bricolage Home Depot depuis 2012, et dans les magasins américains d’Abercrombie & Fitch, d’Hollister, de Toys R’Us, de Foot Locker ou d’American Eagle Outfitters.

Starbucks, lui, a choisi d’équiper ses 7 000 magasins américains du système de paiement Square, créé en 2010 par le fondateur de Twitter.

Pour contrer ces acteurs du Net qui prétendent s’arroger le marché des transactions - et les coordonnées des clients -, aux Etats-Unis, une quinzaine de commerçants dont Walmart, ont créé Merchant Customer Exchange (MCX), qui développe une application mobile de paiement sans contact en magasin.

En France, le secteur de la grande distribution tente aussi l’expérience, notamment Auchan, avec le système Flash’N Pay, que le groupe a dévoilé en décembre 2012.

Cécile Prudhomme

Une petite icône est née. Elle s’appelle PayLib et permettra bientôt de régler son billet de train commandé sur Voyages-sncf.com ou le robot ménager repéré sur Ventesprivees.com. Cette solution de paiement en ligne, sur smartphone ou tablette, a été dévoilée mardi 17 septembre par de grands parrains : BNP Paribas, la Société générale et La Banque postale (LBP).

Une surprise, car ces trois réseaux n’ont guère l’habitude de travailler ensemble. L’urgence de la situation le justifie. Il s’agit, en effet, pour les banques, de s’attaquer à PayPal, la première solution de paiement en ligne dans le monde et le leader incontesté en France avec 7 millions de comptes. Il s’agit, également, pour elles de prendre position avant qu’une nouvelle génération de portefeuilles électroniques ne déferle en Europe fin 2013, dotée de sponsors plus que convaincants : Google, Visa, Mastercard...

Pour les contrer, PayLib mise sur deux arguments : la simplicité et la sécurité. Sans même parler de PayPal, pourquoi un particulier aurait-il intérêt à cliquer sur PayLib plutôt que sur Visa ou Mastercard au moment de régler un achat à distance ? " Parce qu’il n’aura pas à ressaisir les 16 chiffres de sa carte bancaire, la date d’expiration et le cryptogramme. Mais seulement son identifiant de banque en ligne - qu’il est censé connaître par coeur - et un code secret ", explique l’un des promoteurs du projet.

Ensuite, " c’est la seule solution garantissant que les données ne sortent pas de la banque ", poursuit-il. Selon l’Observatoire de la sécurité des cartes de paiement de la Banque de France, la fraude sur les paiements à distance a baissé en 2012, passant de 0,341 % des transactions à 0,290 %. Mais ces opérations concentrent quand même 61 % du montant de la fraude en France.

La Société générale, BNP Paribas et La Banque postale vont maintenant faire la promotion de la formule auprès de leurs clients. Eux seuls pourront bénéficier de PayLib. " Il n’y aura pas besoin de s’enrôler sur un site externe. Ce sera très simple ", promet un banquier du trio. A eux trois, les banques recensent 23 millions de comptes de particuliers et se targuent de voir passer un tiers des dépenses en ligne.

Cette " masse critique " a déjà permis de convaincre des poids lourds de l’e-commerce d’implanter le logo PayLib sur leur site. Voyages-sncf.com, Ventesprivees.com, Leroy-Merlin et PriceMinister se sont laissé séduire : " 8 des 15 principaux sites de commerce en ligne en France ont donné leur accord de principe ", selon un des banquiers impliqués. Le succès de l’entreprise dépendra de l’adhésion des clients, mais aussi des commerçants. Il s’agit de créer un cercle vertueux : les commerçants s’y mettant d’autant plus volontiers que les clients sont nombreux.

Pour les vendeurs en ligne, l’intérêt de PayLib, c’est qu’il va prélever une commission inférieure à celle de PayPal, qui est de 3 % sur les transactions. " Ce sont les particuliers qui feront le succès des portefeuilles électroniques et ils jugeront sur la simplicité et la facilité d’usage ", estime un spécialiste qui pronostique une longueur d’avance pour les " marques au rayonnement international ".

Même soutenu par trois réseaux bancaires, le pari de PayLib paraît pourtant bien audacieux. Les précédents le prouvent. Il y a deux ans, le Crédit agricole, premier réseau bancaire français, avait lancé à grand renfort de publicité Kwixo, une plate-forme de paiement ouverte à tous. Elle visait de " 5 à 6 millions d’utilisateurs dans les quatre à cinq ans ". Au dernier comptage, elle en comptait 450 000, avec 1 200 commerçants inscrits, mais aucun des 15 premiers selon le classement de la Fevad (Fédération de l’e-commerce et de la vente à distance). " En fait, le nombre d’utilisateurs actifs est nettement moins élevé. C’est clairement un échec ", lâche un concurrent. Même constat pour Buyster, l’offre lancée par Bouygues Telecom, Orange et SFR avec Atos, le leader technologique des transactions en ligne.

Les promoteurs de PayLib espèrent rallier leurs concurrents banquiers à leur " solution ouverte ". Mais les onze mois de préparation de leur solution n’ont pas permis de convaincre les " mammouths ", Crédit agricole, BPCE et Crédit mutuel, de les rejoindre. L’enjeu pour Société générale, BNP Paribas et LBP est de créer, avec PayLib, un standard tel que les autres seront obligés de venir.

Le sujet est complexe. D’un côté, on voit mal comment les banques françaises pourraient s’imposer si elles avancent en ordre dispersé. En sens inverse, les Autorités de la concurrence regardent d’un très mauvais oeil tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à un cartel bancaire. L’interbancarité, qui avait fait le succès de la carte bancaire, ne serait sans doute plus possible à mettre en place aujourd’hui.

Pour les banques, cela ressemble à un sauve-qui-peut. Elles ont fait l’erreur de laisser PayPal s’installer, sous l’ombrelle d’eBay, à l’époque où le commerce en ligne balbutiait : il a crû de 80 % depuis 2009. Surtout se profile déjà une nouvelle révolution, avec l’irrésistible poussée des achats nomades sur mobile et tablette (baptisés m-commerce). Payer ses cigarettes au bureau de tabac par mobile ou carte sans contact, c’est l’étape d’après. Les banques qui dominent l’achat de proximité - 93 % du marché - risquent de se faire doubler sur leur coeur de métier par des rouleaux compresseurs comme Google.

Isabelle Chaperon


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