Bulletin mensuel de la BCE (février)

jeudi 20 février 2014

Éditorial
Au terme de son examen régulier de la situation économique et monétaire, le Conseil des gouverneurs a décidé, lors de sa réunion du 6 février 2014, de laisser inchangés les taux d’intérêt directeurs de la BCE. Les informations disponibles confirment que la reprise modérée de l’économie de la zone euro se poursuit conformément à l’évaluation précédente du Conseil des gouverneurs. Dans le même temps, les tensions sous-jacentes sur les prix dans la zone euro restent faibles et les évolutions de la monnaie et du crédit sont atones. Les anticipations d’inflation pour la zone euro à moyen et long terme demeurent solidement ancrées à un niveau compatible avec l’objectif du Conseil des gouverneurs de maintenir l’inflation à des taux inférieurs à, mais proches de 2 %. Comme indiqué précédemment, l’économie de la zone euro traverse actuellement une période prolongée de faible inflation, qui sera suivie d’une remontée graduelle vers des taux d’inflation inférieurs à, mais proches de 2 %. S’agissant des perspectives de prix et de croissance à moyen terme, davantage d’informations et d’analyses deviendront disponibles début mars.
Les données récentes confirment pleinement la décision du Conseil des gouverneurs de maintenir une orientation accommodante de la politique monétaire aussi longtemps que nécessaire, ce qui soutiendra la reprise progressive de l’économie dans la zone euro. Le Conseil des gouverneurs réitère fermement ses indications sur la trajectoire future des taux directeurs de la BCE. Il continue de prévoir que ces taux resteront à leurs niveaux actuels ou à des niveaux plus bas sur une période prolongée. Cette anticipation est fondée sur le maintien à moyen terme de perspectives d’inflation globalement modérées, compte tenu de la faiblesse généralisée de l’économie et de l’atonie des évolutions monétaires. En ce qui concerne la volatilité récente du marché monétaire et ses implications éventuelles pour l’orientation de la politique monétaire, le Conseil des gouverneurs suit attentivement les évolutions et est prêt à examiner tous les instruments disponibles. Au total, le Conseil des gouverneurs reste fermement déterminé à conserver l’orientation monétaire largement accommodante et à prendre, si nécessaire, de nouvelles mesures décisives.
S’agissant de l’analyse économique, les évolutions des données et des enquêtes récentes vont dans le sens d’une poursuite de la reprise modérée de l’activité au dernier trimestre 2013, après deux trimestres de croissance positive du PIB en volume. Pour la suite, la précédente évaluation, par le Conseil des gouverneurs, de la croissance économique se confirme. La production de la zone euro devrait se redresser lentement. En particulier, on devrait observer une légère hausse de la demande intérieure, à la faveur de l’orientation accommodante de la politique monétaire, de l’amélioration des conditions de financement et des progrès réalisés en matière d’assainissement budgétaire et de réformes structurelles. De plus, les revenus
réels bénéficient d’une hausse plus limitée des prix de l’énergie. L’activité économique devrait également bénéficier d’un raffermissement graduel de la demande extérieure adressée à la zone euro. Cela étant, même si le chômage se stabilise dans la zone euro, il demeure élevé et le nécessaire processus d’ajustement des bilans dans les secteurs public et privé continuera de peser sur le rythme de la reprise économique.
Les risques entourant les perspectives économiques dans la zone euro continuent d’être orientés à la baisse. Les évolutions des conditions sur les marchés monétaires et financiers à l’échelle mondiale et les incertitudes qui y sont associées, notamment dans les économies de marché émergentes, pourraient influer négativement sur la situation économique. D’autres risques à la baisse ont trait à une demande intérieure et une croissance des exportations plus faibles que prévu ainsi qu’à une mise en oeuvre trop lente ou insuffisante des réformes structurelles dans les pays de la zone euro.
Selon l’estimation rapide d’Eurostat, la hausse annuelle de l’IPCH dans la zone euro s’est établie à 0,7 % en janvier 2014, après 0,8 % en décembre. Ce ralentissement a principalement résulté des évolutions des prix de l’énergie. Le taux d’inflation de janvier 2014 a été inférieur à ce qui était généralement attendu. Sur la base des informations disponibles et des cours constatés des contrats à terme sur l’énergie, l’inflation, en rythme annuel, devrait demeurer proche des niveaux actuels au cours des prochains mois. À moyen terme, les tensions sous-jacentes sur les prix devraient rester contenues dans la zone euro. Les anticipations d’inflation pour la zone euro à moyen et long terme demeurent solidement ancrées à un niveau compatible avec l’objectif du Conseil des gouverneurs de maintenir l’inflation à des taux inférieurs à, mais proches de 2 %.
Les risques pesant sur les perspectives d’évolution des prix restent limités, tant à la hausse qu’à la baisse, et demeurent globalement équilibrés à moyen terme.
S’agissant de l’analyse monétaire, les données relatives à décembre 2013 confortent le diagnostic d’une expansion sous-jacente atone de la monnaie au sens large (M3) et du crédit. La croissance annuelle de M3 s’est réduite, à 1,0 %, en décembre, après 1,5 % en novembre. Les sorties enregistrées au titre des dépôts en décembre reflètent les importantes cessions de titres des administrations publiques et du secteur privé par les IFM de la zone euro, qui pourraient être en partie liées à des ajustements effectués par les banques en prévision de l’évaluation complète des bilans du secteur bancaire par la BCE. Ces évolutions ont également affecté la croissance annuelle de M1, qui s’est réduite à 5,8 % en décembre, tout en demeurant robuste. Comme les mois précédents, le principal facteur soutenant la progression annuelle de M3 a été l’amélioration de la position extérieure nette des IFM, qui a continué de refléter l’intérêt accru des investisseurs internationaux pour les actifs de la zone euro. Le taux de variation annuel des prêts au secteur privé a continué de se contracter.
Le taux de croissance annuel des prêts aux ménages (en données corrigées des cessions de prêts et de la titrisation) s’est établi à 0,3 % en décembre, un niveau globalement inchangé depuis début 2013.
Le rythme annuel de variation des prêts aux sociétés non financières (en données corrigées des cessions de prêts et de la titrisation) s’est inscrit à – 2,9 % en décembre, après – 3,1 % en novembre.
L’enquête sur la distribution du crédit bancaire de janvier 2014 laisse présager la poursuite d’une certaine stabilisation des conditions d’octroi du crédit pour les entreprises et les ménages et un recul net moins important de la demande de prêts des entreprises. Dans l’ensemble, la faible dynamique des prêts aux sociétés non financières continue de traduire le décalage avec le cycle économique, le risque de crédit ainsi que l’ajustement en cours des bilans des agents financiers et non financiers.
Depuis l’été 2012, le financement des banques s’est considérablement amélioré. Afin de garantir une transmission adéquate de la politique monétaire aux conditions de financement dans les pays de la zone euro, il est essentiel que la résorption de la fragmentation des marchés du crédit de la zone euro se poursuive et que la résilience des banques soit renforcée lorsque cela est nécessaire. Tel est l’objectif de l’évaluation complète de la BCE, tandis que la réalisation rapide de nouvelles avancées dans la
mise en place d’une union bancaire permettra de rétablir la confiance dans le système financier.
En résumé, l’analyse économique confirme l’anticipation du Conseil des gouverneurs d’une période prolongée de faible inflation, suivie d’une remontée graduelle vers des taux d’inflation inférieurs à, mais proches de 2 %. Un recoupement avec les signaux provenant de l’analyse monétaire confirme les tensions sous-jacentes modérées à moyen terme sur les prix dans la zone euro.
En ce qui concerne les finances publiques, les pays de la zone euro ne doivent pas relâcher les efforts d’assainissement entrepris et doivent placer la dette publique élevée sur une trajectoire baissière à moyen terme. Les stratégies en matière de finances publiques doivent être conformes au Pacte de stabilité et de croissance et garantir des mesures d’assainissement propices à la croissance, qui améliorent la qualité et l’efficacité des services publics tout en réduisant au minimum les effets de distorsion créés par la fiscalité.
Accompagnées de la mise en oeuvre résolue de réformes structurelles, ces stratégies continueront de soutenir la reprise encore fragile de l’économie. Les gouvernements doivent donc poursuivre les réformes des marchés des biens et services et des marchés du travail. Ces réformes contribueront à renforcer le potentiel de croissance de la zone euro et à réduire les taux de chômage élevés dans de nombreux pays.

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