Comment expliquer la baisse des gains de productivité du travail ?

vendredi 7 février 2014

Depuis le milieu des années 1980 la productivité du travail augmente moins rapidement que par le passé. Si cette évolution est préoccupante c’est parce que la relation entre croissance de la productivité et croissance économique est forte [1].

La tertiarisation de l’économie

Les activités tertiaires sont souvent définies de manière résiduelles, ce seraient celles qui ne relèvent pas de l’industrie ou de l’agriculture, deux ensembles plus faciles à repérer à cause de l’aspect matériel de la production. Les biens sont "visibles", les services ne le sont pas forcément [2].

Mais, dans la construction initiale [3] de la division en trois secteurs, celle de Colin Clark [4] et de Jean Fouratié [5] les auteurs insistent sur une distinction fondamentale : les services connaissent des gains de productivité relativement faibles lorsqu’on les compare à ceux de l’agriculture et encore plus à ceux de l’industrie [6]. Il parait en effet difficile d’augmenter la productivité dans de très nombreuses activités de service à moins de réduire sensiblement la "qualité" du service. Comment augmenter la productivité d’un coiffeur, d’un travailleur social, d’un musicien ? Ces "services relationnels" ne sont rien d’autre que du temps passé par les prestataires à s’occuper des bénéficiaires. Ils ne peuvent devenir plus "productifs" qu’en réduisant le temps passé ou en diminuant la rémunération du prestataire ce qui suppose qu’on puisse confier ces emplois à des salariés moins qualifiés mais capable des mêmes "performances" (des infirmiers ou des enseignants formés en 6 mois...). Il y a en revanche des services dans lesquels les gains de productivité sont possibles et ils ont d’ailleurs été importants. C’est le cas dans les transports, les télécommunications, le traitement de l’information, et une partie de la distribution. Les gains de productivité dans ces activités de service sont le résultat de l’utilisation d’équipement permettant d’augmenter l’efficacité du travail ou de remplacer purement et simplement le travail. Mais lorsqu’on regarde l’évolution des services branche par branche il apparaît que les branches qui ont connu l’expansion la plus forte sont celles des services relationnels : la santé, l’éducation, les services sociaux, les loisirs, les services à la personne (personnes âgées et petite enfance)...
Tout cela se lit facilement dans les statistiques montrant l’augmentation des dépenses publiques qui sont pour la plus grande part des dépenses "improductives" [7].

Si cela est vrai alors il n’est pas difficile de comprendre pourquoi lorsque les activités de services se développent et occupent une part croissante de la population active la productivité calculée pour l’ensemble des actifs augmente lentement.

C’est bien la révolution annoncée par Jean Fourastié, mais, et c’est inévitable compte tenu des écarts de gains de productivité entre les secteurs cette transformation s’est accompagnée d’un net ralentissement des gains de productivité mesurés pour l’ensemble des actifs employés.

Il faut cependant nuancer fortement cette impressions. Dans une étude consacrée à La désindustrialisation en France [8], les auteurs soulignent un biais statistique important du fait de l’externalisation (ne pas confondre avec la délocalisation) entrainant des transferts d’emplois de l’industrie vers les services. La recherche d’une plus grande efficacité par les entreprises s’est traduite par un recours croissant à cette externalisation (es transferts d’emplois peuvent être estimés à 25 % des pertes d’emplois industriels sur la période 1980-2007) qui est un simple transfert d’emplois auparavant industriels vers les services, notamment d’intérim, sans véritable changement de leur contenu.

Les transformation des branches "productives"

Ce qui précède permet d’opposer les activités caractérisées par de faibles gains de productivité et celles qui connaissent des gains élevés : l’agriculture, l’industrie, la construction et certianes activités de services (celles qui sont "industrialisables").
Les données statistiques montrent que pour ces activités "productives" (au sens où elles peuvent connaître une productivité croissant rapidement) il y a un indéniable ralentissement du rythme de croissance de la productivité.

Taux de croissance moyen annuels de la productivité horaire du travail en France.

Gains de productivité apparente de l’emploi par branche [9]

Champ : France.
Source : Insee, comptes nationaux, base 2005.

Rien de bien nouveau dans cette observation si on se souvient que déjà chez les économistes classiques la perspective des "rendements décroissants" était annoncée. Mais la prise en compte du progrès technique, exogène dans les "anciennes" théories de la croissance, endogène dans les "nouvelles" permettait de lever cette "malédiction". Il faut donc trouver d’autres explications.

- D’une part, les activités "productives" sont moins qu’avant "industrialisées" en ce sens que la part représentée par les opérations matérielles pouvant bénéficier des gains liés à l’utilisation des machines se réduit. Dans la valeur d’un produit le poids des dépenses de conception, de gestion et de distribution a nettement augmenté. Or ces activités se rapprochent des activités de service, parce que leur "valeur" est essentiellement mesurable par du "temps passé" peu compressible. [10]. C’est la contrepartie du développement de la production "automatisée". La seconde raison du déclin des gains de productivité de l’industrie (et dans les services industrialisables) dans tous les pays dits développés tient plus à la nature des produits qu’aux processus, même si ces deux phénomènes sont liés. Cela fait intervenir les deux tendances de la diversification et de l’intégration de la qualité.

- D’autre part, le passage d’un mode de production dominé par la logique fordiste (économies d’échelle sur des produits peu différenciés) sans réel souci de considérations environnementales ou sécuritaires aux attentes des clients d’aujourd’hui est uen source de ralentissement des gains de productivité. C’est la conclusion retenue par les tenants de l’école de la régulation [11].
On peut enrichir cette explication en notant que les "produits" d’aujourd’hui ne sont pas toujours, comme par le passé, repérables comme biens ou comme services. L’achat d’un bien commande le plus souvent l’acquisition d’un service lié [12].
Des produits différenciés marqueraient la fin de la "consommation de masse" et passage à la "customisation de masse" introduisant de nouvelles perspectives pour les activités des services liées à la production du bien.

Des exemples parmi beaucoup d’autres :
Livres photos, des usines à produire des masses de produits uniques
Une bouffée d’air pour les industriels : l’exemple de l’automobile

De même, en intégrant des normes plus contraignantes pour protéger l’environnement, assurer une meilleure sécurité dans l’usage du produit et réduire les risques pour les travailleurs, les entreprises supportent des coûts sans que ces aménagements se retrouvent dans la valeur produite puisque celle-ci est mesurée par le chiffre d’affaires ou la valeur ajoutée. La meilleure conformité du produit aux attentes des clients, au bien-être des salariés et à la protection de l’environnement n’est pas "valorisée" comme elle le devrait. Et, puisque la productivité est le rapport de la valeur produite aux dépenses effectuées pour produire chaque fois que ces dépenses augmentent sans que cela se retrouve dans la valeur produite, la productivité diminue.
Ce n’est pas la baisse de la productivité qu’il faut interroger ici ce sont les indicateurs utilisés pour mesurer la production !

Cette remarque conduit à poser une autre question : quelle part faut-il attribuer à la contribution des ressources naturelles dans la mesure des gains de productivité ?

Le troisième facteur : le progrès technique

Dire que la faiblesse des gains de productivité s’explique par un ralentissement du progrès technique n’est pas une explication tautologique dès lors qu’on veut considérer que l’efficacité du travail n’est pas seulement la conséquence du progrès technique.

Certains auteurs se réfèrent au courant schumpeterien et désignent l’essouflement de la révolution industrielle entamée après 1945 comme principale explication du ralentissement des gains de productivité. Ces idées ont déjà été présentées plus haut on peut cependant les résumer rapidement.

Dans plusieurs ouvrages publiés entre 1911 et 1942 aux États-Unis, Joseph Aloïs Schumpeter [13] présente une explication des cycles longs à partir de la diffusion d’innovations majeures.
La conception de l’innovation retenue dans ce cadre est connue : l’innovation est un processus de destruction créatrice. Chaque période d’innovation majeure engendre des bouleversements, et permet, lorsque les innovations sont intégrées, une forte croissance économique. Lorsque le dynamisme introduit s’estompe, la récession traduit l’affaiblissement des profits. Elle se transforme en dépression et celle-ci dure aussi longtemps que la nouvelle gamme d’innovations majeures (nées pendant la récession) n’est pas mise en œuvre de manière intense.
Les critiques de la thèse de Schumpeter ont porté principalement sur quatre points :
- l’entrepreneur joue un rôle essentiel d’innovateur mais qu’en est-il du rôle de l’État dans des économies marquées par le développement de la recherche publique
- l’existence des cycles longs est discutée
- les innovations aussi importantes soient-elles ne sont pas forcément capables de mettre en route des mouvements de croissance longs.
- enfin, il faudrait justifier l’idée suivant laquelle les innovations ne surviendraient de manière décisive qu’en période de crise, même s’il est certain que dans ces périodes l’urgence est plus grande.

Les prolongements des idées de Schumpeter réduisent la portée de ces critiques et ils proviennent de courants de pensée assez différents.
- À l’intérieur du courant libéral, l’économiste américain Georges Mensch (1979) a repris l’analyse de Schumpeter. La crise résulterait d’une pénurie d’innovations fondamentales et de l’épuisement des possibilités de mettre en place des innovations de perfectionnement. Par rapport aux critiques habituelles, il indique que c’est précisément le développement du rôle de l’État, la bureaucratie et les obstacles réglementaires qui freinent l’innovation, alors que par ailleurs, si les innovations sont de plus en plus nombreuses en période de crise c’est parce que la concurrence est plus intense dans ces périodes. Pour sortir de la crise il faut réduire les contraintes et retrouver le dynamisme des “entrepreneurs-innovateurs” de Schumpeter. Christian Stoffaës et Alain Minc en France ont soutenu ces idées .
- Des auteurs qui se situent dans la mouvance marxiste, les théoriciens du CME - capitalisme monopoliste d’État - repèrent la baisse des gains de productivité comme l’une des causes de la crise actuelle. Pour les marxistes la nécessité de passer à un mode d’accumulation intensive s’impose dès que le capitalisme est devenu mondial et monopoliste. La tendance à la baisse du taux de profit est retardée par l’intervention de l’État et par l’adoption de nouvelles formes d’organisation de la production, mais la tendance à la suraccumulation est permanente. C’est une des formes de la loi des rendements décroissants.

Le quatrième facteur de production

Dans l’étude des fonctions de production et plus simplement dans l’analyse des sources de la croissance les économistes font référence à trois "facteurs" de production : le capital, le travail et le progrès technique. C’est d’ailleurs cette démarche qui a été retenue dans la présentation des analyses de la croissance. Pourtant, lorsque les économistes classiques se posaient la question des causes de la richesse des Nations ou de la possibilité de connaître durablement la croissance, ils intégraient "la terre" comme facteur de production.
Les préoccupations écologiques, plus anciennes qu’on le pense généralement, puisqu’elles s’expriment déjà fortement dès la fin des années 1960, nous ont habitué à faire une place aux ressources naturelles et à leur épuisement progressif [14].
Pourtant le lien avec la très forte croissance de la productivité du travail qui caractérise l’économie industrielle est généralement négligé.
Comme souvent le regard novateur vient d’un autre horizon. Ce qui suit est très largement inspiré par les informations trouvées sur le site de Jean-Marc Jancovici et en particulier par le cours donné aux élèves-ingénieur de l’École Nationale Supérieure des Mines de Paris en mai et juin 2008..

La consommation d’énergie a augmenté très, très rapidement, parce que le nombre des hommes l’utilisant d’une part et la quantité utilisée par chacun d’eux ont augmenté simultanément : de 1880 à 2006, la population mondiale et la consommation d’énergie par habitant ont été multipliées l’une et l’autre par 10 ce qui fait au total une multiplication par 100 !
Avec une pointe extraordinaire de consommation individuelle pendant la période de forte croissance des années 1950 à 1980.
Cette énergie est pour 84% le résultat de la transformation de ressources non renouvelables [15].

Consommation d’énergie primaire (commerciale) en millions de tonnes équivalent pétrole depuis 1860

Source : Jean-Marc Jancovici - ENSMP mai 2008 - Calculs de l’auteur à partir de Schilling & al + AIE + BP statistical review.

C’est impressionnant mais ce qui l’est plus encore c’est de traduire cette consommation d’énergie en élément de bien-être. Un litre d’essence fournit autant d’énergie mécanique que 50 personnes travaillant toute une journée à remuer de la terre.

Le retour à la productivité est immédiat : si le travail des hommes est devenu plus productif avec une telle intensité c’est parce que ce travail a été complété par l’extraordinaire contribution de l’énergie. Cette contribution a exigé la mise au point de machines mais le résultat ne serait pas le même s’il n’y avait pas "des ressources à transformer". Chacun d’entre nous en utilisant de l’énergie bénéficie en fait "d’esclaves mécaniques" qui lui rendent la vie plus facile. Cela n’aurait pas été possible sans une baisse très importante du prix relatif de l’énergie. Là encore le sentiment le plus exprimé aujourd’hui est démenti par les faits : si on mesure le prix du pétrole relativement au revenu par habitant il était en 2006 environ 10 fois plus faible qu’au début du XXe siècle ! C’est vrai même pour la période qui suit les chaocs pétroliers.

Prix du carburant exprimé en minutes de temps de travail par litre (prix rapporté au pouvoir d’achat).

Source : Jean-Marc Jancovici - FNAUT 2007.

Sans cette baisse du prix du carburant les tracteurs auraient remplacé moins rapidement les agriculteurs, et nous n’aurions pas aujourd’hui tous les équipements qui nous entourent.
On dira que les prix relatifs (les prix réels, mesurés en temps de travail) de la plupart des biens qui sont à notre disposition ont une évolution comparable et que le poids des dépenses de consommation d’énergie dans le budget des ménages augmente depuis plusieurs années. c’est vrai et c’est précisément cela qui est inquiétant : cette augmentation est fatale et elle en annonce d’autres qui le sont tout autant. Les prix des ressources naturelles augmentent et cela va continuer.

Cette augmentation des prix des ressources naturelles se retrouve dans les coûts de production et cela affecte les gains de productivité parce que la production ne peut plus augmenter au même rythme qu’avant avec des perspectives de profit suffisante. Les entreprises qui ne gagnent pas d’argent ne produisent pas. L limite se trouve à la fois du côté de l’offre et de la demande, moins de profit d’un côté donc moins d’incitation, des prix plus élevés de l’autre donc moins de pouvoir d’achat.

Voir la série de 4 articles consacrés par Jean Gadrey à La baisse tendancielle du taux de croissance.

Une liaison réciproque

Ce qui précède ne doit pas faire oublier que la relation entre croissance de la productivité et croissance de la production est réciproque.
La perspective adoptée plus haut est celle d’une explication de la faiblesse du rythme de la croissance économique par un rythme lui aussi plus faible des gains de productivité. C’est un peu l’approche retenue par ceux qui pensent q’il y a une "panne de progrès technique" avec simplement un déplacement de l’origine du ralentissement : ce ne serait pas une panne de progrès technique mais l’effet de la tertiarisation de l’économie, de la fin du fordisme et des freins imposés par les limites "naturelles" de la croissance.
Tout cela est certainement très important et il n’est pas question de nier ces explications, il faut cependant prendre en compte le fait qu’une croissance économique (croissance de la production) a des effets dépressifs sur l’évolution de la productivité.

Les auteurs qui évoquent cette relation insistent sur le cycle de productivité et sur le rôle essentiel des conditions d’utilisation des facteurs de production.
Le ralentissement des gains de productivité serait en partie le résultat d’une sous-utilisation des facteurs de production. Cela se vérifie quand l’activité économique est cyclique (et elle est certainement plus cyclique depuis 20 ans qu’elle ne l’était pendant les 30 glorieuses). La reprise de la croissance s’accompagne d’une croissance plus rapide de la productivité du travail même lorsque l’emploi augmente, et d’une stabilisation de la productivité du capital dans l’industrie. Les délais d’ajustement de l’utilisation des facteurs à l’évolution de la demande sont inéliminables. Ils sont plus ou moins longs et peuvent expliquer l’existence d’un cycle de productivité. Lorsque la croissance de la production est rapide la productivité apparente augmente très vite parce que les facteurs disponibles sont utilisés de manière intense avant que leur quantité ne soit modifiée (l’embauche et l’investissement de capacité suivent avec retard). Inversement, lorsque la croissance de la production faiblit, les capacités ne sont pas réduites immédiatement. Il y a donc un retard dans l’ajustement du dénominateur aux variations du numérateur pour le rapport qui mesure la productivité.

Emploi salarié, valeur ajoutée, et productivité dans les secteurs marchands non agricoles

Champ : France métropolitaine, secteurs marchands non agricoles.
Source : Insee - Le marché du travail se retourne en 2008

On voit bien sur ce graphique que l’emploi s’ajuste avec retard aux évolutions de la valeur ajoutée (la production).

Mais il s’agit ici d’une explication qui vaut sur le court terme puisqu’elle repose sur des délais d’ajustement. Pour en faire une explication du ralentissement durable des gains de productivité il faut aller au delà de la prise en compte du cycle ou montrer que le cycle accompagne ou produit un changement de tendance. La "croissance molle" serait responsable autant qu’elle serait la cause de la diminution du rythme de croissance de la productivité.

La liaison productivité -> croissance est réversible et devient croissance -> productivité.

La productivité est à l’origine de la croissance parce qu’elle permet à la fois d’envisager la croissance du salaire réel, la baisse des coûts donc des prix et la hausse des profits. Ces effets favorables sur la demande interne (consommation et investissement) sont complétés par les gains de parts de marché rendus possibles par une meilleure compétitivité si les gains de productivité sont plus élevés qu’ailleurs. C’est la théorie de la compensation d’Alfred Sauvy exposée ici. _ L’augmentation de la demande stimule la croissance de la production autorisée par l’amélioration de l’efficacité initiale et s’il le faut par de nouveaux investissements (permis par la croissance des profits) et de nouveaux emplois.

La croissance permet les gains de productivité parce que ces gains dépendent des tensions qui apparaissent dans l’appareil productif. En situation de forte croissance, les entreprises doivent répondre en intensifiant l’effort productif et en proposant des méthodes plus efficaces. La croissance intensive prend le relais de la croissance extensive qui ne suffit plus.

Cette analyse peut au mieux donner le sentiment que la baisse des gains de productivité a une composante conjoncturelle mais les facteurs structurels demeurent et ils sont certainement beaucoup plus importants.

[1Cet article peut être complétée utilement par la lecture du rapport du Conseil d’Analyse Économique intitulé Productivité et croissance, rédigé par Patrick Artus et Gilbert Cette, et publié en juin 2004 à la documentation française. Ce rapport faisait le point sur liaison entre productivité et croissance. Les conclusions et les recommandations peuvent être discutées, de même que leur utilisation dans un autre rapport intitulé Le sursaut. Vers une nouvelle croissance pour la France, Groupe de travail présidé par Michel Camdessus présenté la même année.

[2Les opérations sur les services dans la construction de la balance des paiements sont regroupées et on parle de "balance des invisibles" pour désigner l’écart entre les exportations et les importations de services.

[3Le premier auteur ayant utilisé le vocabulaire des trois secteurs est Allan G.B Fischer (ne pas confondre avec Irving Fisher). Dans "The Clash of Progress and Security" (Londres, Mac Millan, 1935), il fait référence à cette classification des activités en trois secteurs : primaire, secondaire et tertiaire et il annonce « Un glissement de la main-d’œuvre vers les productions secondaires et tertiaires que révèlent les statistiques est l’inéluctable conséquence du progrès économique : l’un ne va pas sans l’autre. ».

[4The Conditions of Economic Progress (1940) traduit en français en 1960, Les conditions du progrès économique, Paris, Presses universitaires de France.

[5"Esquisse d’une théorie générale de l’évolution économique contemporaine", Paris, Presses Universitaires de France, 1947, 32 pages ; et surtout "Le Grand Espoir du XXe siècle. Progrès technique, progrès économique, progrès social", Paris, Presses Universitaires de France, 1949, 224 pages - Réedition 1989 collection Tel Gallimard (424 pages).

[6Ils se sont d’ailleurs trompés sur la hiérarchie des gains de productivité car c’est l’agriculture qui a connu les gains les plus forts.

[7Avant la réforme de 1976 de la "Comptabilité nationale française" devenue à cette occasion le "Système élargi de comptabilité nationale" la production des administrations publiques n’est pas mesurée. La productivité des fonctionnaires est donc nulle puisque le numérateur du rapport production / temps de travail est nul.

[8Lilas demmou, Document de travail de Les Cahiers de la Direction Générale du Trésor – n° 2010-01 – Juin 2010

[9La productivité apparente est calculée comme le rapport de la valeur ajoutée en volume à l’emploi en équivalent-temps plein, salarié ou non.

[10Sur le site du "Groupe d’ Etudes et de Recherches Permanent sur l’ Industrie et les Salariés de l’ Automobile " Gerpisa on trouve de nombreux exemples de ce changement structurel dans les emplois de l’industrie automobile : les ouvriers (opérateurs) cèdent la place aux employés et aux cadres qui ne sont pas dans l’atelier (la part des ouvriers a diminué de moitié environ.

[11Voir par exemple : J.H.Lorenzi, O. Pastre et J. Toledano “La crise du XXe siècle” Economica 1980.

[12L’automobile et l’assurance mais aussi l’entretien... le téléphone ou l’ordinateur portable et les services qui les accompagnent...

[13Voir Jean-José Quilès, “Schumpeter et l’évolution économique” Nathan, CIRCA, 1997.

[14La référence habituelle est le Rapport Meadows, publié en 1972 sous le titre Limits to Growth (Universe Books) et publié en français sous le titre Halte à la croissance ? Rapport sur les limites de la croissance (Fayard, 1973) mais il faut citer aussi le travail fondateur et essentiel de Nicholas Georgescu Roegen, The Entropy Law and the Economic Process, 1971 (On dispose de la traduction du chapitre 1 en français dans La décroissance - Entropie - Écologie - Économie, Première édition, 1979, Éditions Sang de la terre, réédition en 1995 et en 2006. Le site Classiques des sciences sociales propose une édition en ligne.

[15Quant aux énergies renouvelables, les 16% qui restent elles sont composées en quasi totalité par le bois (10% de l’énergie mondialement utilisée) et l’hydroélectricité (5%), les énergies dites "nouvelles" pèsent donc toutes ensembles moins de 1% de la consommation mondiale (illustration du décalage entre la production médiatique et la réalité le solaire photovoltaïque c’est 0,003% de la consommation mondiale ni plus ni moins que l’éolien.


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