De la production au revenu dans l’entreprise

samedi 31 août 2013

La production s’accompagne de la distribution de revenus. Celle-ci est corrigée par des transferts opérés par les administrations publiques qui financent des prestations sociales et la production de services non marchands par des prélèvements obligatoires. Le revenu après transferts est disponible pour la consommation finale. Le revenu non consommé est l’épargne et celle-ci financera l’investissement.

De la production au revenu

Ces opérations décrivent la circulation de la valeur ajoutée créée par les producteurs. C’est l’occasion de suivre la formation des revenus répartis entre les différents agents. La valeur ajoutée fait l’objet de partages successifs.

Il faut d’abord payer les dépenses directement liées à l’activité productive :

  • les dépenses liées à l’utilisation de salariés (rémunération du travail), la rémunération des salariés contient les salaires et les cotisations sociales qu’elles soient versées par l’entreprise ou par le salarié (c’est le coût complet du travail, le "coût salarial").
  • et les impôts liés à la production (TVA et autres impôts liés à la production)
  • ce qui ne va pas aux salariés ou à l’État reste momentanément dans les comptes des producteurs et constitue l’excédent brut d’exploitation (EBE) ou pour les travailleurs indépendants (non-salariés), un revenu mixte.

Voici les données pour 2012 et l’évolution à long terme (en euros de 2012)

Une autre manière de retrouver la valeur ajoutée brute consiste à revenir à l’équivalence entre la valeur de la production et la valeur du revenu. Toute la valeur produite se transforme en revenu puisque la valeur est mesurée à l’occasion de la vente ou pour les services non-marchands en prenant la dépense liée à la production. Le produit intérieur brut et le revenu national brut ne diffèrent que par le fait que des revenus sont versés au reste du monde alors que d’autres sont reçus du reste du monde.

Le partage de la valeur ajoutée et ses effets

L’analyse du partage de la valeur ajoutée est principalement centrée sur les entreprises (les sociétés non financières, les sociétés financières, les entreprises individuelles) même si les administrations publiques et les ménages ordinaires (hors entreprises individuelles) sont aussi des producteurs.

Le site "minicours" propose cette vidéo pour illustrer le partage de la valeur ajoutée


2.3 Partage de la valeur ajoutée par minicours



Exemple comptable : partage de la valeur ajoutée pour les sociétés non financières

[*Première étape du partage : de la valeur ajoutée à l’excédent brut d’exploitation*]

Emplois
Ressources
Comptes de production
2541,7 Production aux prix de base
Consommation intermédiaire 1537,6
1004,1 Valeur ajoutée brute
Compte d’exploitation
1004,1 Valeur ajoutée brute
Salaires et traitements bruts 514
Cotisations soc. effectives etimputées à la charge des employeurs 166,5
Impôts sur la production nets des subventions 36,3
287,3 Excédent brut d’exploitation



[*Deuxième étape du partage : de l’excédent brut d’exploitation au revenu disponible brut*]

L’excédent brut d’exploitation est un revenu, est un élément du partage du revenu créé par l’activité de l’entreprise au même titre que la rémunération du travail versée par cette entreprise et que les impôts sur la production (revenu versé aux administrations publiques).

Ce revenu d’exploitation est complété par des revenus que l’entreprise perçoit en dehors de son activité productive proprement dite : des revenus de brevets, des primes d’assurance, des intérêts ou/et des dividendes sur des titres qu’elle possède, des loyers...).
Inversement l’activité de l’entreprise a été rendue possible par les ressources financières dont elle a disposé, les capitaux apportés par les actionnaires et les sommes empruntées, elle doit verser des revenus aux apporteurs de capitaux sous forme de dividendes et d’intérêts. Elle est soumise à des prélèvements liés à des obligations légales : impôts sur le revenu et le patrimoine, cotisations d’assurance, loyer, redevances de brevets, licences d’exploitation...).
L’excédent brut d’exploitation ainsi modifié devient le revenu disponible brut.
C’est une expression comptable de ce qu’on appelle dans le langage courant le bénéfice après impôts et versement des dividendes, ou capacité d’autofinancement. [1].

Emplois
Ressources
Compte d’affectation des revenus primaires
287,3 Excédent brut d’exploitation
Revenus de la propriété versés
318,2
222,8 Revenus de la propriété reçus
192 Solde des revenus primaires
Compte de distribution secondaire du revenu
Impôts sur le revenu 33 192 Solde des revenus primaires
Prestations d’assurance sociale directe d’employeurs 11,7 12 Cotisations sociales
Primes nettes d’assurance dommage 9,8 4,8 Transferts courants divers reçus
Transferts courants divers versés 26,8
136 Revenu disponible brut



[*Troisième étape du partage : du revenu disponible brut à la capacité ou au besoin de financement*]

Une entreprise n’a pas de consommation finale, ce n’est pas un sujet ressentant des besoins. Ainsi le revenu disponible brut se confond avec l’épargne. Celle-ci est utilisée pour financer les investissements et si elle ne suffit pas il faudra trouver un financement extérieur, l’entreprise est dans ce cas en situation de besoin de financement.

Emplois
Ressources
Compte d’utilisation du revenu
136 Revenu disponible brut
Epargne
136
136
Epargne
Compte de capital
136
Epargne
Formation brute de capital fixe 202,3 12,8 Transferts en capital reçus nets des transferts versés
Variations de stocks 10,6
- -64,9 Capacité (+) ou besoin (-) de financement

Comme les impôts sur la production ne sont pas sous le contrôle des entreprises et que la plupart des revenus et prélèvements qui permettent de passer de l’excédent brut d’exploitation au revenu disponible brut sont difficilement modifiables parce qu’ils relèvent d’engagement durables ou de la loi, on comprend que le partage de la valeur ajoutée traduit principalement un partage entre rémunération du travail et profit. [2].

Toutes choses égales par ailleurs pour une valeur ajoutée donnée lorsque la part de la rémunération du travail augmente, la part des profits diminue et inversement.

Les économistes appellent taux de marge le rapport de l’excédent brut d’exploitation à la valeur ajoutée et on dit parfois pour simplifier "part des profits" [3].

Taux de marge = EBE / VA

Les profits sont la condition des investissements futurs parce qu’ils sont une incitation (investir cela rapporte...) et une source de financement (l’autofinancement). La part des profits dans la valeur ajoutée doit donc être suffisante.
Mais dans le même temps, si la part de la rémunération du travail se réduit elle peut devenir insuffisante pour que la dépense de consommation permette d’absorber la production.
Il y aurait alors des profits stimulants l’investissement mais une demande déprimant ce même investissement : pourquoi investir s’il est déjà difficile d’écouler la production.
La présentation plus précise des salaires et des profits fait l’objet d’un autre article et le rôle des profits et de la demande dans la décision d’investissement est présenté dans les déterminants de l’investissement

[1Il est préférable de ne pas dire "profit" parce que : les primes d’intéressement et de participation intégrées dans la rémunération du travail, les dividendes distribués aux propriétaires, et l’impôt sur les sociétés ont été déduits pour calculer ce revenu disponible brut alors que ce sont qui indéniablement du profit distribué respectivement aux salariés, aux actionnaires et aux administrations publiques).

[2On a vu plus haut que l’EBE n’est pas le bénéfice et qu’il n’est pas non plus le profit au sens strict. Si on parle de partage "salaires / profits" pour le partage de la valeur ajoutée c’est pour centrer l’analyse sur ces deux composantes essentielles.

[3Voir la note précédente.


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 1527 / 1441421

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Économie générale  Suivre la vie du site Production  Suivre la vie du site Cours   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP + AHUNTSIC

Creative Commons License