Faire l’histoire du marché...

samedi 11 janvier 2014

Il existe un débat sur l’étendue et la pertinence du concept d’économie de marché.
C’est d’abord un débat d’historiens, mais ces enjeux idéologiques sont importants car la question porte sur deux identifications conceptuelles : celle qui sont posées entre commerce et marché d’une part et entre marché et capitalisme d’autre part.

Dans la première moitié des années 1970, une des directions les plus fortes de la recherche en sciences humaines s’est préoccupée d’écrire l’histoire des institutions [1]. Paradoxalement ce courant qui se posait en contestataire de l’ordre établi n’a pas réellement traité de la question du marché. Pourtant le travail de quelques ethnologues, montrant combien la perception dominante de l’économie des sociétés primitives était déformée, appelait une critique utile de la présentation habituelle de l’histoire du marché. Ce paradoxe ou ce retard, s’explique largement par le fait que la version « officielle » (au sens où elle emportait la conviction du plus grand nombre d’auteurs) de l’histoire du marché était une des références du courant structuraliste. En effet, le travail de Fernand Braudel (1902-1985) semblait donner une vision définitive et parfaitement cohérente du développement du marché et du capitalisme.

La thèse de Fernand Braudel

La thèse de Braudel est la suivante : depuis le Xe ou le XIe siècle en Europe, le commerce et le marché se développent de manière continue. Certes ce développement est inégal et irrégulier, mais il est sans équivoque et il accompagne la croissance de la productivité dans l’agriculture et dans l’industrie. Il n’est pas le résultat d’un choix historique des hommes qui occupent le pouvoir en occident, cette région est simplement en avance par rapport au reste du monde : le marché est universel. [2]

Résumé de la thèse de Braudel :

Cette thèse est soutenue par l’exposé d’un chronologie transformable en typologie.
- Le XIIIe siècle marque un tournant important par rapport à la situation dominante antérieurement qui était, dans la tradition des économies antiques et jusqu’aux Carolingienne, celle d’une économie administrée (l’unité d’une si longue période doit prendre en compte les changements de valeurs qui interviennent en particulier pour l’image du marchand et le passage possible à une civilisation matérielle et non plus spirituelle). Ce changement traduit à la fois : la croissance des villes, le développement des techniques commerciales, l’émergence d’un commerce local soutenant une nouvelle couche sociale (une classe moyenne) en plus de la grande bourgeoisie déjà constituée à côté de la noblesse.
- La grande dépression de 1350 à 1450 (qui voit périr un habitant sur trois ! ) peut être interprétée comme une pause, un ralentissement, ou encore comme une “formidable occasion de redistribuer les cartes".
- Enfin au XVIe siècle l’Europe de l’ouest devient “capitaliste”. Il s’agit d’un capitalisme de métropoles organisé autour des grandes dynasties bourgeoises, mais aussi et c’est cela l’essentiel, d’un capitalisme quotidien et local dans lequel le marché traditionnel du village (la foire) est remplacé par le marché urbain c’est-à-dire la “boutique” du marchand inconcevable sans le développement d’un commerce de gros. D’une certaine façon le commerce international et le commerce urbain se développent contre le marché traditionnel. Le capitalisme n’est pas le prolongement du marché traditionnel, il en est la négation.

Le développement de la civilisation matérielle substitue l’économie d’échanges (l’économie de marché) à la production immédiate, l’autoconsommation et le troc. Dans l’économie de marché il y a déjà l’offre et la demande et les prix varient pour ajuster l’une à l’autre. C’est même cela qui est constitutif de l’existence du marché. Mais le capitalisme n’apparaît que lorsque le marchand devient un intermédiaire spéculant, un banquier, un marchand d’argent, peut obtenir un profit qui sera accumulé.

Pour Fernand Braudel, le marché est universel, mais le capitalisme est singulier.

C’est une perversion du marché par un groupe social (les capitalistes) ou un État bureaucratique. Cette conclusion est essentielle même si elle est rarement rappelée.

C’est ce que le grand économiste français François Perroux exprimait par la sentence : « Le capitalisme est une notion de combat ». Sans doute perçu comme trop idéologique, le terme sera de plus en plus délaissé par les économistes. On lui préfère celui, plus neutre, « d’économie de marché ».

Pourtant le capitalisme ne se réduit pas à la propriété privée des moyens de production et à l’échange de marchandises.
Si tel était le cas, le boulanger du quartier, le vendeur de bibelots sur une foire, ou encore le médecin seraient tous des capitalistes. Le capitalisme occidental, rebaptisé « économie de marché », est bâti sur d’autres fondements que la seule relation marchande. Le capitalisme suppose d’abord la recherche du profit et l’accumulation du capital. Sans cette accumulation du capital (c’est-à-dire de l’utilisation de profit pour l’investissement afin d’augmenter le stock de capital permettant de dégager plus de profit), l’économie resterait stagnante. On resterait dans l’univers de la petite production marchande traditionnelle : celle de l’artisanat ou de la boutique. Ensuite, le capitalisme n’est pas seulement une économie d’échange mais aussi une économie de production. Sa croissance a exigé la naissance de grandes entreprises, la mobilisation d’une force de travail une division du travail (la rationalisation dé la production, disait Max Weber), l’invention de nouvelles techniques. Sans la révolution industrielle du XlXe, le capitalisme occidental en serait encore à la phase purement marchande et commerciale du XVIe siècle. Sans investissement de profits dans la production, l’économie devient purement spéculative (acheter pour revendre plus cher). La naissance d’une classe d’entrepreneurs capables de mobiliser du capital, d’investir dans des infrastructures de production locale est un des enjeux majeurs de la « transition » vers le capitalisme.
Enfin, dans le capitalisme moderne le rôle d’encadrement et de stimulation par l’État reste fondamental. Les « économies de marché » sont plus justement des « économies mixtes ».

L’équation « capitalisme = économie de marché + production+ accumulation + Etat » correspond plus justement à la réalité de nos sociétés.

Ce qui est retenu de l’analyse de Braudel, c’est la fresque historique montrant l’avènement d’une économie monde dans laquelle le marché s’impose comme le mode d’organisation universel. Cette thèse a soulevé dès sa publication des objections nombreuses, mais elles ont été souvent négligées et pourtant la critique de l’ensemble des méthodes et des résultats de « l’école des Annales », dont Braudel était le plus éminent représentant, s’est développée très tôt [3]. Depuis les rapports de forces sont modifiés à l’intérieur de l’histoire académique [4].

C’est seulement depuis le milieu des années 80 [5] que cette image du développement du capitalisme est réellement discutée. Les objections opposables à la thèse de Braudel se situent sur le plan empirique aussi bien que sur le plan théorique.

Sur le plan empirique, de nombreux historiens ont montré que le marché est moins omniprésent que ne le soutient Braudel et que très souvent les prix ne fonctionnent pas comme des prix de marché (d’un village à l’autre il peut y avoir des écarts de prix très important et les prix n’obéissent simplement aux évolutions conjoncturelles, ils sont très rigides). De la même manière, la question de l’articulation du marché du village au marché international n’est pas résolue de façon satisfaisante par Braudel. Le commerce est encore très souvent à la fin du XVIIIéme siècle un commerce administré plus qu’un commerce de marché libre.

La thèse de Karl Polanyi.

Toutes ces questions étaient posées depuis 1944 par Karl Polanyi (1886 - 1964) pour qui le commerce international, le grand commerce, est un commerce d’aventure qui n’a rien à voir avec le commerce de marché. [6]
La thèse de Polanyi est fondée sur le constat d’une imbrication étroite entre l’économique (le marché) et le social. Pour lui le marché est encastré dans la réalité sociale et comme il adopte une définition très restrictive du marché (la liberté complète de l’échange) très proche de l’idée d’un marché de concurrence pure et parfaite, il ne reconnaît de règne du marché que dans la période allant de 1834 (abolition de l’assignation à résidence des pauvres en Angleterre) à 1929 (développement de l’interventionnisme public). Il y a, bien entendu, de l’excès dans cette position, mais elle a le mérite d’attirer l’attention sur le problème de l’étendue des relations marchandes.
Dans La Grande Transformation (1944) Polanyi décrit «  l’ascension et la décadence de l’économie de marché » des années 1830 aux années 1930. Cette période marque selon lui, la tentative d’imposer un marché libre de la terre, du travail de la monnaie. Cette tentative aurait cependant provoqué tant de tensions économiques et sociales qu’elle a imposé la réaction dirigiste après la crise des années 1930.
Selon lui, l’instauration d’un marché libre correspond à une période très courte de l’histoire économique à laquelle il a fallu rapidement mettre fin.
Dans l’ouvrage collectif « Les Systèmes économiques dans l’histoire et dans la théorie » (Larousse, 1974), Karl Polanyi veut montrer, par l’étude historique du commerce dans l’Antiquité (Mésopotamie, Empire du Dahomey, etc.) que les institutions du marché ne sont pas universelles. Appliquer la notion moderne de marché au commerce antique, relève, selon lui d’une « inversion des perspectives ».Durant l’Antiquité, le commerce est encore « encastré » dans le tissu social, politique et religieux. Les marchands babyloniens étaient des fonctionnaires et non des commerçants privés.
La thèse de « l’encastrement » (embeddedness) est aujourd’hui reprise par de nombreux socio-économistes. Le chercheur américain Marc Granovetter [7] tempère cependant les assertions de Polanyi. Dans les sociétés où l’économie de marché ne s’est pas imposée l’économique et le social ne sont pas aussi fortement connectés que ne le croit Karl Polanyi. Ensuite, au cours du XlXe siècle, le « désencastrement » a été beaucoup moins radical que ne le présuppose l’auteur de La Grande Transformation. Une approche socio-économique exige donc des lectures historiques et des interprétations plus fines.

Discussion

Sur le plan théorique, l’idée suivant laquelle le marché pourrait exister sans le capitalisme, très affirmée dans l’œuvre de Braudel, est encore très discutée.
Certains auteurs dénoncent dans cette conclusion un « évolutionnisme discret » puisqu’elle pose le principe de l’universalité du marché.
D’autres insistent sur la référence (implicite) à un « fonctionnalisme discret » particulièrement lisible dans l’analyse de l’apparition des usages de la monnaie [8] (elle permet de simplifier les échanges et apparaît lorsque les hommes en ont besoin).

L’ensemble de l’explication est accusée d’être trop déterministe. Le capitalisme par exemple apparaîtrait lorsque le marché est libéré des contrôles (chez Polanyi c’est le marché qui apparaît lorsque le commerce est libéré des contrôles), et lorsque la rationalité économique est « libérée » ce qui suppose qu’elle était déjà présente (discussion par Braudel de la thèse de Max Weber sur l’influence de la réforme religieuse dans la naissance du capitalisme).
Ainsi le capitalisme est singulier, mais il est aussi le destin des économies de marché qui sont elles mêmes l’aboutissement des transformations historiques.

À la question « peut-on distinguer marché et capitalisme ? » Braudel répond oui mais en indiquant que le devenir capitaliste du marché est parfaitement logique dès lors que le marchand apparaît. Peut-on alors concevoir des marchés sans marchands ?

Il faut remarquer que la tradition marxiste ne se sort pas mieux de cette question. L’opposition entre petite production marchande fondée sur la relation marchandise - argent - marchandise (M-A-M’) et production capitaliste argent - marchandise - argent (A-M-A’) ne règle pas le problème. La petite production marchande fonde la théorie de la valeur travail (la valeur d’échange se fixe en comparant les contenus en travail), mais celle-ci conduit spontanément à la question de la valeur du travail, c’est-à-dire à la question du salariat donc du capitalisme. C’est une opposition d’étendue des sphères respectives plus qu’une opposition de nature des régimes qui est en cause ici.

Il convient donc de faire preuve d’une grande modestie dans la construction d’une histoire du marché ou du capitalisme (de ses origines surtout). Il semble que dans toutes les sociétés, y compris les sociétés actuelles, plusieurs formes sont possible pour l’échange.
L’échange symbolique ou cérémoniel, souvent fondé sur la réciprocité (ce qui ne veut pas dire l’égalité des prestations échangées) coexiste avec la redistribution et avec l’échange marchand. Ce dernier peut d’ailleurs se faire à des prix administrés ou obéir à un véritable mécanisme de marché (concurrence pure et parfaite) [9].
La question posée à l’historien devient alors la suivante : pourquoi le dosage entre les formes de l’échange se modifie et fait triompher un mode dominant, la réciprocité dans les sociétés “sauvages”, la redistribution dans les économies “impériales” et l’échange marchand pur ou administré dans les économies contemporaines ?

La réponse de Braudel doit être mise en relation avec beaucoup d’autres [10].

Pour Polanyi c’est le recul de l’État qui permet au marché de s’étendre....
Pour Weber l’influence de l’éthique protestante est une transformation culturelle dynamisante et le marché ne peut pas exister sans la mise en place d’un État efficace .... [11]
Pour les marxistes c’est la transformation des moyens de production qui est le déterminant en dernière instance.....

Comment ne pas être troublé par la pluralité et le caractère le plus souvent pertinent des thèses en présence ?
Comment ne pas en conclure que derrière l’expression « économie de marché » se cache une réalité très complexe qui ne se réduit pas à cette conceptualisation élémentaire ?

Cette réflexion est particulièrement bienvenue dans une époque où certains annoncent le règne sans partage du marché. Il y a encore beaucoup de place, certainement beaucoup plus que ne l’indiquent les manuels d’économie, pour d’autres formes d’organisation. N’est-ce pas d’ailleurs le mouvement observable dans une partie (certes encore réduite) de la théorie économique récente lorsqu’elle cherche à se rapprocher de la réalité de la vie des entreprises et des échanges. Les nouvelles théories des contrats, l’économie des conventions ou même la théorie de la régulation sont fondées sur l’affirmation de présence de la relation sociale dans la relation d’échange.

Documents joints

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La grande transformation (PDF – 202.7 ko) La dynamique du capitalisme (PDF – 198.8 ko) Le temps du monde (PDF – 400.4 ko)

[1Les travaux du CERFI (Centre d’études et de recherches sur l’histoire des institutions) dont l’origine remonte aux écrits de Michel Foucault en particulier Histoire de la folie à l’âge classique, (1961). Il s’agissait de montrer comment les institutions comme l’asile, la prison, le dispositif sanitaire et l’hygiène, le travail social peuvent êtres interprétés comme des processus de normalisation.
Une critique rapide et raisonnable de l’œuvre de Foucault est présentée par Achille Weinberg dans le n° 44 de la revue “Sciences humaines” (novembre 1994).

[2L’œuvre de Fernand Braudel est considérable et la présentation de l’histoire du capitalisme est présente dans plusieurs livres. Il faut citer en particulier La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’epoque de Philippe II, Paris, Armand Colin, 1949. Deuxième édition, 1966 - Civilisation matérielle et capitalisme (XVe-XVIIIe siècle), Paris, Armand Colin, 3 volumes, 1979 - La dynamique du capitalisme, Paris, Arthaud, 1985.
vous pouvez consulter une présentation développée de La dynamique du capitalisme, proposée par Paul Cacheur et Romain Lebas sur le site de l’école centrale (chaire d’économie industrielle). La fiche de lecture (17 pages) est à cette adresse. Sur le même site voir aussi la note de lecture de "Le Temps du Monde" tome 3 de "Civilisation matérielle, Economie et Capitalisme. XVe – XVIIIe siècle" par Philippe Brion à cette adresse.
Documents joints en pdf en bas de page.

[3Voir Paul Veyne “Comment on écrit l’histoire" Le Seuil 1971 édité en version abrégée en collection Points Le Seuil 1978 avec une suite intitulée ironiquement « Foucault révolutionne l’histoire »

[4Voir le n° spécial de la revue Sciences humaines consacré à “L’histoire aujourd’hui” septembre-octobre 1997

[5On peut citer par exemple l’article d’Alain Caillé “Comment on écrit l’histoire du marché” qui reprend et aménage le titre cité dans la note précédente, publié en 1982 et 1983 (n° 3-4 et n° 5 de la revue du MAUSS et disponible dans le n° 92 de DEES (juin 1993) consacré au thème de l’institutionnalisation du marché.

[6Dans “La grande transformation : aux origines politiques et économiques de notre temps”, première édition en anglais 1944. Traduction française dans une nouvelle édition de la collection Siences humaines chez Gallimard en 1983. Un résumé de bonne qualité (Frédéric Combelle) est disponible en document joint.

[7« Economic Action and Social Structure The Problem of Embeddedness », American Journal of Sociology, volume 91, n° 3, novembre l985, cité par M. Lallement “La construction sociale de l’échange” Sciences Humaines Hors Série n°3 “Le marché loi du monde moderne ?” novembre décembre 1993.

[8Sur la critique de ce fonctionnalisme discret en matière monétaire voir par exemple, Marc Bassoni et Alain Beitone : “Monnaie, théories et politiques” Dalloz 1994 pages 18 à 32.

[9Les économies contemporaines sont soumises à des formes de marché très nombreuses. Le degré de concurrence est un élément de cette variété, mais il faut aussi savoir faire la place du symbolique et du social dans la formation des prix. Les salaires, pour ne prendre qu’un seul exemple, ne sont pas interprétables correctement en dehors de la connaissance d’une logique statutaire variable d’une économie à l’autre (la logique marchande n’est pas la seule en cause).

[10Il faudrait faire une place à :
- Immanuel Wallerstein et en particulier au petit livre traduit aux éditions de la Découverte dans la collection repères en 1985 intitulé “Le capitalisme historique”
- Norbert Elias qui est traduit chez Calmann-Levy “La société de cour” 1974 et “La dynamique de l’occident” 1975
- Louis Dumont “Homo Aequalis” NRF Gallimard 1977
- Albert Hirschman “Les passions et les intérêts” PUF 1980
Des fiches de lecture et des commentaires critiques des grands textes de ces auteurs importants sont regroupés dans le n° 92 de Documents pour l’Enseignement Economique et Social (DEES) juin 1993. Dans un n° plus récent (105 octobre 1996) de la même revue voir C. Henry, “L’institutionnalisation du marché, une histoire raisonnée des théories de Polanyi et de Schumpeter. Voir aussi le n°3 Hors Série (novembre décembre 1993) de la revue Sciences Humaines intitulé “Le marché : loi du monde moderne ?”

[11Voir dans Economie et société, tome 2, pp. 48 et 49 de l’édition poche chez Plon) :
« Du point de vue « théorique », l’Etat n’est donc jamais nécessaire à l’économie. D’un autre côté toutefois, il n’est pas douteux qu’un ordre économique, spécialement s’il est de type moderne, ne saurait être réalisé sans un ordre juridique répondant à des exigences tout à fait précises, tel que seul peut l’être un ordre « étatique »
(…)
« Or l’intensité des échanges modernes exige un droit fonctionnant d’une manière prompte et sûre, c’est-à-dire garanti par la plus forte puissance de contrainte possible, et c’est ainsi que l’économie moderne, par son caractère propre, a contribué plus que toute autre chose à détruire les autres groupements sociaux qui étaient porteurs de droit et donc d’une garantie de droit. Tel a été le résultat du développement du marché ».
Max Weber va ici beaucoup plus loin que ceux qui disent “il ne peut pas y avoir de marché sans État”, les extraits précédents disent clairement que c’est le marché qui a donné à l’Etat sa raison d’être dans les sociétés modernes.


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