L’élasticité : typologie des biens et services

lundi 13 janvier 2014

Si le prix du pain ou si votre revenu sontt divisés par 2 vous n’allez probablement pas acheter 2 fois plus de pain. Si le prix du super augmente de 50 % les automobilistes ne vont pas réduire leur consommation de super dans la même proportion.
La relation arithmétique entre les deux variations est appelée coefficient d’élasticité-prix lorsqu’il mesure le degré de réaction de l’offre ou de la demande d’un produit à la suite d’une variation de prix, coefficient d’élasticité revenu, lorsqu’il mesure le degré de réaction de la demande d’un produit à la suite d’une variation du revenu des acheteurs.

Les coefficients d’élasticité : élasticité-prix et élasticité-revenu.

L’élasticité mesure la sensibilité d’une variable X à une variable Y, mesurée par
le rapport de la variation relative de X à celle de Y.

Une élasticité c’est un rapport de deux taux de variation (mesurés en %)

Un coefficient d’élasticité c’est le nombre obtenu en faisant ce rapport (c’est un nombre abstrait - un coefficient - un résultat exprimé sans unité).
Ainsi, si X varie de - 3 % (diminue de 3 %) quand Y varie de + 1,5 % (augmente de 1,5 %), le coefficient d’élasticité est égal à - 2.

L’élasticité de la demande par rapport au prix (Ep)

Si X est la demande d’un bien et Y son prix, on parle d’élasticité-prix de la demande ou élasticité de la demande par rapport au prix. Dans l’exemple précédent cela signifie que, lorsque le prix augmente de 1,5 %, la demande baisse de 3 %, c’est à dire deux fois plus vite.

- On parle de demande inélastique par rapport au prix lorsque l’élasticité est voisine de zéro. La demande est d’autant plus élastique que son élasticité s’éloigne de zéro.
- En règle générale, le signe de l’élasticité de la demande par rapport au prix est négatif car la demande est une fonction décroissante du prix, on a donc deux variations en sens contraire, quand le prix augmente la demande diminue et inversement.
- Exceptionnellement, l’élasticité-prix de la demande va être positive c’est à dire que lorsque le prix va augmenter, la demande va varier dans le même sens. On évoque trois cas dits « anormaux » : phénomène de snobisme attaché à certains biens, de luxe notamment, dans le cas de biens remplacés par des biens plus appréciés vers lesquels se porte la demande (beurre et margarine), lorsqu’un produit fait l’objet d’une spéculation (Bourse, tableaux de maître, biens immobiliers)

L’élasticité de l’offre par rapport au prix (Ep)

L’élasticité de l’offre par rapport aux prix mesure la variation relative de l’offre induite par une variation relative donnée du prix. Si ce dernier augmente de 1 %, et que la variation corrélative de l’offre est supérieure à 1 %, on parlera d’une offre (ou d’une production) très élastique. A l’inverse, si l’offre ne réagit quasiment pas à une variation de prix, on sera en face d’une offre peu ou pas élastique.

A la différence de l’élasticité de la demande, qui révèle le comportement du consommateur, l’élasticité de l’offre révèle surtout l’existence (ou l’absence) de capacités de production disponibles. Lorsque ces dernières sont insuffisantes ou inexistantes (cas de ressources agricoles dont l’offre ne peut s’accroître en raison de facteurs limitant la récolte : superficies, techniques, conditions climatiques...), la hausse des prix qui en résulte engendre normalement une progression des importations : les producteurs nationaux sont relayés par des producteurs situés hors des frontières.

Toutes les élasticités

La quantité offerte ou demandée dépend du prix du produit comme on vient de levoir mais elle dépend aussi d’autres variables. Par exemple la quantité demandée d’un produit dépend souvent du prix d’un autre produit ou encore elle dépend du revenu du consommateur.

L’analyse économique a mis en évidence plusieurs "effets" permettant de construire une typologie des produits.

Effet Veblen : du nom de l’économiste américain Thorstein Veblen (1857-1929) traduit le fait que les produits de luxe ont une élasticité-prix positive (la consommation augmente lorsque le prix augmente). Il s’agit d’une forme de snobisme, d’un effet de distinction par la recherche de consommations symboliques (ostentatoires).

Biens substituables et biens complémentaires.
- Deux biens sont substituables quand ils satisfont le même besoin, on peut donc les remplacer l’un par l’autre.
- Deux biens sont complémentaires lorsque la consommation de l’un des biens entraîne celle de l’autre (un magnétoscope et les cassettes video...).

Lorsque le prix d’un produit augmente cela entraîne deux effets pour le consommateur.
- Le prix plus élevé de ce produit conduit le consommateur à réduire la consommation de ce produit et à consommer davantage de l’autre produit. C’est un effet de substitution.
- La hausse du prix du produit réduit le pouvoir d’achat du revenu du consommateur. Cette réduction du revenu modifie la consommation des deux produits. C’est un effet revenu.
- Ces deux effets sont de sens inverse et d’importance variable en fonction des goûts du consommateur c’est-à-dire des élasticités de la demande des produits.

Biens de Giffen : ces biens sont désignés ainsi par référence à l’économiste Robert Giffen qui au XIXe siècle a étudié cette question. Pour un bien ordinaire la demande augmente quand le prix de ce produit baisse. Pour un "bien Giffen", la demande diminue quand le prix diminue.
Par exemple si le prix des pommes de terre diminue pour un ménage ayant un revenu modeste et qui consomme principalement du pain et des pommes de terre, il est possible que le revenu économisé parce que le prix des pommes de terre a baissé soit reporté sur le pain. Il est même possible que la quantité consommée de pommes de terre diminue si le ménage veut augmenter sa consommation de pain. Ici l’effet revenu l’emporte sur l’effet substitution.

[fond jauneLois d’Engel : du nom du statisticien Ernst Engel qui les a établies au milieu du XIXe siècle. Ces lois indiquent que la structure de consommation (la part des dépenses de consommation consacrée à chaque grande catégorie de consommation - alimentation - habillement - transports....) se déforme quand le revenu augmente.
Certaines consommations occupent une place plus faible, d’autres se développent. La part des dépenses consacrées à l’alimentation diminue, la part des dépenses consacrées à hygiène et santé augmentent. Plus généralement les lois d’Engel reposent sur l’élastcité revenu des consommations des produits. Lorsque cette élasticité est négative cela veut dire que le bien est un bien inférieur. Dès que le revenu augmente sa consommation diminue au profit de celle d’autres biens. Les biens inférieurs sont souvent des "biens Giffen".


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