L’épargne des ménages et des entreprises

dimanche 1er septembre 2013

Une fois réglées les dépenses de consommation les ménages ont disposé de 208,6 milliards d’euros en 2012. Pour leur part, les entreprises [1] avaient à la même date un revenu disponible (une épargne) valant 162 milliards d’euros. Le revenu des administrations publiques perçu pendant l’année n’a pas été suffisant pour financer la production des services non marchands, il manquait 23,8 milliards d’euros ce qui revient à dire que les administrations publiques avaient une épargne négative.
Comment les ménages, les entreprises et les administrations publiques ont-ils utilisé cette épargne ?

Les ménages

Les ménages utilisent principalement leur revenu pour leur consommation.
La part du revenu consacrée à la consommation est la propension moyenne à consommer.
Le revenu qu’ils ne consomment pas constitue leur épargne et celle-ci peut prendre deux formes :

  • l’épargne non financière qui correspond à la FBCF des ménages c’est-à-dire essentiellement les achats de logements (investissements immobiliers)
  • l’épargne financière qui peut à son tour prendre deux formes
    • les placements financiers : comptes rémunérés par les banques ou les institutions financières, achats de titres financiers (actions, obligations...)
    • la monnaie conservée qui constitue ce que les économistes appellent la "thésaurisation" (monnaie non placée).

Déterminants de l’épargne des ménages

Les comportement d’épargne des ménages obéit à de nombreux déterminants :

  • Le revenu disponible puisque pour pouvoir épargner il faut disposer d’un revenu qui n’est pas entièrement absorbé par la consommation : les ménages ayant un revenu élevé ont une propension à épargner plus élevée que les ménages à revenus modestes.
  • Le niveau des taux d’intérêt et le rendement attendu des placements financiers : des taux d’intérêt et des taux de rendement élevés pour les placements financiers stimulent ces derniers.
  • Les prix des biens immobiliers et des loyers : des loyers élevés stimulent l’achat de logements.
  • L’évolution du niveau général des prix : en période d’inflation forte l’épargne est découragée parce que la monnaie placée perd de sa valeur.
  • Les anticipations pessimistes ou optimistes des ménages : la peur de l’avenir stimule l’épargne...

Cette petite vidéo pour illustrer :


3.2 La mesure de l'épargne et ses déterminants par minicours

Taux d’épargne des ménages (en % du revenu disponible brut)

source : Comptes de la Nation séries longues, INSEE
Le taux d’épargne financière est le rapport de la capacité de financement au revenu disponible brut
Le taux d’épargne non financière est le rapport de la FBCF des ménages à leur revenu disponible brut
.

Il existe trois grandes motivations d’épargne pour les ménages :
- Mettre de l’argent de côté pour constituer une réserve en cas de coup dur : accident, problème de santé, perte d’emploi… C’est une épargne de précaution.
- Mettre de l’argent de côté pour réaliser un projet, pour pouvoir effectuer, à terme et sans trop s’endetter, un achat impossible à réaliser avec son revenu courant (équipement du logement, vacances, achat de voiture, achat d’un logement…)
- Epargner pour constituer ou transmettre un capital ou une rente (épargne retraite, transmettre un patrimoine, aider ses enfants…)

En 2011, la moitié des placements relevaient du motif de précaution.

Un même placement peut correspondre à plusieurs objectifs. Mais en règle générale, on ne le fait pas de la même façon ni avec le même produit selon le motif et selon l’horizon du placement.
Dans le cas d’une épargne de précaution, on essaye de conjuguer les critères de sécurité et de disponibilité. Le critère de rendement est moins important.
Dans le cas d’une épargne constituée pour réaliser un projet, il faut considérer la durée du placement et la nature de celui-ci.

L’épargne en produits bancaires en milliards d’euros en 2012 et 2013

Source : ACPR, revue n°16 janvier février 2014

Les entreprises ?

Les entreprises financent en partie leurs investissements à partir de leurs ressources propres (leur épargne), il s’agit alors d’autofinancement.

Taux d’autofinancement, taux d’épargne et taux d’investissement des sociétés non financières depuis 1949

Source : INSEE - L’économie française, comptes et dossiers, éditions 2013.
Le taux d’autofinancement est le rapport de l’épargne brut à la formation brute de capital fixe.
Le taux d’épargne est le rapport de l’épargne brute à la valeur ajoutée brute.
Le taux d’investissement est le rapport de la FBCF à la valeur ajoutée brute.

Il ne faut pas croire qu’un taux d’autofinancement proche de 100 % est le signe d’une bonne santé des entreprises. C’est le rapport de l’épargne à la FBCF et pour qu’il se rapproche de 100 % il suffit que le dénominateur augmente moins vite que le numérateur : un taux d’autofinancement élevé peut traduire une insuffisance de l’effort d’équipement des entreprises.
Il faut suivre l’évolution du taux de marge, qui est l’indicateur des résultats économiques de l’entreprise (rapport de l’excédent brut d’exploitation à la valeur ajoutée) et du taux d’investissement (FBCF/VA) relativement à celle du taux d’épargne (Épargne/VA)

Taux d’épargne, d’investissement et d’autofinancement des sociétés non
financières

Source : Rapport économique social et financier - projet de loi de finances pour 2013, octobre 2012

Rémunérations et marge des sociétés non financières en points de VA

Source : Rapport économique social et financier - projet de loi de finances pour 2012, octobre 2011

En dehors de l’autofinancement, les entreprises font appel à des financements extérieurs

  • soit en s’adressant aux banques pour obtenir des crédits,
  • soit en émettant des titres financiers, des actions ou des obligations par exemple. Elles utilisent alors les marchés financiers.

Taux d’endettement des sociétés non financières (Dette financière brute / valeur ajoutée)

Source : Banque de France, prévisions du Rapport économique social et financier - projet de loi de finances pour 2013, octobre 2012

Pour mieux comprendre cette présentation il faut regarder le bilan d’une entreprise. Le bilan c’est un état à une date donnée (le plus souvent une fois par an) de la situation patrimoniale de l’entreprise : l’actif reprend tous les avoirs de l’entreprise (ce qu’elle possède), le passif contient toutes les dettes.

BFR = besoin de fond de roulement
FRN = fond de roulement net

Bien que l’analyse dépende beaucoup du type d’entreprise (activité, taille...) il est logique de penser que les immobilisations c’est-à-dire les équipements et les éléments permanents du fonctionnement de l’entreprise seront financés par des capitaux permanents. Ceux-ci doivent même financer une partie de l’actif circulant.
Pour le reste, il est fatal que l’activité de l’entreprise, dans une économie dans laquelle le crédit existe, se fasse en partie par un échange de créances et de dettes. Les fournisseurs ne sont pas payés immédiatement, la banque avance de la trésorerie ou accorde un découvert, les clients paieront plus tard...

Mais ce chapitre est principalement consacré au financement de l’investissement (FBCF) donc aux éléments qui peuvent faire varier les capitaux permanents.
On retrouve les solutions envisagées plus haut :
- financement propre soit à partir du bénéfice réalisé soit par une augmentation du capital (nouvelles actions)
- financement par l’emprunt soit auprès des banques soit sur les marchés financiers (obligations).

Donc :
- Une partie du financement est assuré par les institutions financières.
On parle de financement indirect ou de financement intermédié, car ces institutions jouent le rôle d’intermédiaires entre les débiteurs et les créanciers.
- L’autre partie du financement, qui se développe fortement aujourd’hui, est assurée par les marchés de capitaux, en France et à l’étranger.
On parle de financement direct ou de financement de marché car les demandeurs de capitaux vont y chercher directement les moyens de paiement dont ils ont besoin.

[1sociétés non financières et sociétés financières


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