La crise actuelle (2013-2014) de l’investissement

jeudi 6 février 2014

Dans un document récent, intitulé C’est le pessimisme des entreprises qui empêche qu’il y ait reprise Patrick Artus montre pourquoi la reprise économique reste incertaine. Parce qu’aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, dans la zone euro, la faiblesse ou le recul des investissements des entreprises est manifeste, on peut douter de la pérennité de la reprise ou de son apparition, sans création de nouvelles capacités de production, avec l’affaiblissement induit des gains de productivité.

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Flash éco 23 août 2013 – n°582

Ce ralentissement ne semble pas pouvoir être expliqué par :
- la faiblesse de la profitabilité (sauf en France et en Italie) ;
- la restriction du crédit bancaire (sauf dans les pays du sud de la zone euro)
- la faiblesse de la demande anticipée des ménages (sauf dans la zone euro hors Allemagne)
Il s’agit selon Patrick Artus d’une volonté de réduire les irréversibilités, la fragilité financière, conduisant à un niveau durablement plus bas de capital productif.

Le document contient de nombreux graphiques récents faisant le point sur cette question.

Dans sa note de conjoncture de décembre 2013, l’INSEE tente de répondre à la question : En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ?.

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En France, l’investissement des entreprises repartira-t-il en 2014 ?

La perspective décrite par l’INSEE est moins pessimiste que celle figurant dans le document précédent.
« Les éléments présentés permettent de tirer les conclusions suivantes :
- en France, par-delà les fluctuations cycliques, le taux d’investissement des entreprises croît légèrement depuis la fin des années quatre-vingt-dix. Ainsi, il se situe aujourd’hui au-dessus de sa moyenne, alors qu’il s’agit vraisemblablement du point bas de ce cycle. Cette tendance à la hausse, qui est encore plus marquée en volume compte tenu de la baisse tendancielle du prix relatif de l’investissement, peut être rapprochée de la forte baisse du coût de financement des entreprises depuis le début des années quatre-vingt-dix ;
- en particulier, depuis 2008, l’investissement des entreprises semble en ligne avec les seules évolutions de la demande, comme si les facteurs défavorables (baisse du taux de marge, resserrement des conditions de crédit, incertitude sur les perspectives d’activité à moyen terme) avaient été compensés par des facteurs favorables tels que la faiblesse des coûts de financement des entreprises et, à un moindre degré, les mesures de soutien à l’investissement prises depuis 2008 (suppression de la taxe professionnelle, extension du crédit d’impôt recherche, soutien de la trésorerie des entreprises au pic de la crise, médiation du crédit) ;
- d’ailleurs, l’investissement des entreprises en France a connu depuis le début des années 2000 une évolution favorable comparée à celle des autres économies européennes. En Allemagne, au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne, le taux d’investissement (rapporté à la valeur ajoutée) est aujourd’hui entre 2 et 7,5 points inférieur à son niveau de 2000, alors qu’il est au même niveau en France ;
- si l’on restreint le champ à l’investissement hors construction, la situation de la France reste favorable. De 2000 à 2007, les évolutions sont comparables entre les grandes économies européennes, excepté au Royaume-Uni, où la baisse du taux d’investissement est marquée. Mais depuis 2007, l’ajustement a été moins prononcé en France, la baisse dans les autres économies étant de deux à quatre fois plus forte ;
- comment expliquer cette meilleure performance française depuis le début de la Grande Récession ? Par rapport à l’Italie et l’Espagne, elle s’explique naturellement par le fait que la crise y a été de moindre ampleur, en particulier depuis 2011 : en effet, l’investissement sur-réagit à court terme aux évolutions de l’activité, c’est l’effet « accélérateur ». Elle est plus surprenante par rapport à l’Allemagne, qui a connu une conjoncture plus favorable, dont la compétitivité extérieure, tant en niveau qu’en évolution, semble meilleure, et dont les entreprises ont une situation financière préférable. L’évolution divergente, depuis la fin des années quatre-vingt-dix, des coûts du travail entre la France et l’Allemagne pourrait avoir induit des comportements de
substitution capital/travail en faveur du capital en France ;
- pour 2014, le scénario le plus probable semble être que l’investissement des entreprises françaises repartira mais à un rythme voisin de celui du PIB. D’une part, les dernières données disponibles, ainsi que l’analyse des reprises précédentes, accréditent une reprise de l’investissement dans le sillage de l’activité. D’autre part, la résistance relative de l’investissement hors construction ces dernières années ne laisse pas attendre un phénomène de rattrapage particulièrement marqué, et l’investissement en construction ne donne toujours pas de signe de reprise durable. »


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