La division du travail

samedi 14 septembre 2013

La division du travail prend deux formes qu’il ne faut pas confondre : la [*division sociale du travail*] dans laquelle les personnes exercent des métiers différents (des professions différentes), et la [*division technique*] du travail qui consiste à diviser le travail en tâches élémentaires à l’intérieur d’une production.
Ces deux formes de la divisions du travail entretiennent des relations et participent l’une et l’autre à la construction de la hiérarchie sociale.

PDF - 45.3 ko
La manufacture d’épingles

L’idée selon laquelle la division technique du travail (la spécialisation de l’ouvrier) peut engendrer des gains de productivité a été analysée et exposée de manière systématique pour la première fois par Adam Smith dans Recherches sur les causes et la nature de la richesse des Nations (1776), au travers de l’exemple d’une manufacture d’épingles.
Vous pouvez lire le texte dans le fichier joint en PDF en cliquant sur l’image.
Selon Adam Smith les gains de productivité engendrés par la division du travail s’expliquent par trois raisons :
- l’augmentation de l’habileté, de la dextérité de l’ouvrier, qui répète des gestes simples
- la suppression des pertes de temps lors des changements de tâches
- l’invention d’outils par les ouvriers qui connaissent parfaitement la tâche qu’ils doivent exécuter.
Plus tard (en 1832) Charles Babbage présentera un autre argument justifiant l’adoption de la division technique du travail. Elle permet de ne pas employer des travailleurs qualifiés pour des tâches non qualifiées ce qui serait une cause de perte d’efficacité. C’est une application de la notion de coût d’opportunité ou des avantages comparatifs. Le temps de travail qualifié libéré par le fait de confier les tâches non qualifiées à des ouvriers non qualifiés peut être appliquer à des tâches plus rentables.
C’est le principe de Babbage : subdiviser le travail permet de ne payer, pour chaque tâche, que le salaire le plus faible nécessaire à l’accomplissement de cette tâche.

Certains auteurs vont faire une analyse historique critique de la mise en place de la division du travail en indiquant qu’elle aurait eu pour fonction de réduire les résistances ouvrières et de justifier le rôle des patrons seuls à même d’organiser le travail quand les ouvriers n’ont plus les savoir-faire indispensables [1]

Les origines de la division du travail

Smith présente la division du travail comme une conséquence du penchant naturel des hommes à l’échange : elle est donc naturelle (elle est dans l’ordre des choses qui n’ont pas besoin d’être justifiée pour exister).

Au contraire, Karl Marx analyse la division du travail comme le résultat d’une évolution histoirique. La division du travail en métiers distincts est une première étape. Mais le travailleur individuel reste un producteur. Avec l’avènement de la manufacture, le travailleur individuel ne livre plus de produits finis. Seul le travailleur collectif reste "producteur". Avec l’usine et l’essor du système capitaliste, la division du travail franchit une nouvelle étape : elle devient une nécessité imposée par la concurrence et la division entre travail manuel et travail intellectuel asservit définitivement le travailleur. La division technique du travail n’est donc pas naturelle.

[1C’est la thèse défendue en particulier par Stephen Marglin dans une article intitulé « Origines et fonctions de la parcellisation des tâches – À quoi servent les patrons ? » et publié dans "Critique de la division du travail" sous la direction d’André Gorz aux éditions du Seuil en 1973. Pour une présentation et une discussion de l’argumentation de Marglin voir cet article de Bruno Tinel disponible en téléchargement à cette adresse.


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 3865 / 1254974

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Économie générale  Suivre la vie du site La productivité  Suivre la vie du site Compléments   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP + AHUNTSIC

Creative Commons License