Le financement intermédié

dimanche 1er septembre 2013

Les agents dont les dépenses en capital (FBCF et autres dépenses d’acquisitions d’actifs réels) n’épuisent pas l’épargne disposent d’une capacité de financement utilisée pour acheter des titres (actions, obligations...) souscrire une assurance vie, éventuellement accorder un crédit directement (crédit commercial ou entre personnes). Ces opérations ne sont pas seulement financées par la capacité de financement de l’année, elles le sont aussi par l’utilisation des sommes tirées de la vente ou la réalisation des créances détenues (actions, obligations, recouvrement d’une dette, liquidation d’une assurance...). Ces acquisitions représentent une "épargne financière".

Si ces dépenses financières restent inférieures aux ressources financières la différence est conservée sous forme de moyens de paiements : numéraire et dépôts (billets, pièces, comptes courants et placements à vue ou à terme et épargne contractuelle). Cette partie des ressources financières des agents constitue la "thésaurisation" c’est-à-dire des ressources monétaires qui ne sont pas utilisées pour financer une opération économique.

Il y a donc une épargne non transformée immédiatement en dépense.
Les institutions financières s’efforcent de capter cette épargne pour la remettre dans le circuit économique. Elles jouent donc le rôle d’intermédiaires en collectant l’épargne par des produits attractifs pour ensuite la transformer (par exemple une épargne placée à court terme est utilisée pour financer des projets à moyen terme). Les économistes désignent cette épargne liquide par l’expression "épargne bancaire".

En 1980 l’épargne bancaire représentait 70 % du patrimoine financier des ménages. En 2012 elle ne représente plus que 26 % de ce patrimoine financier.
Les ménages français ont choisi une gestion intermédiée de leur patrimoine.
L’épargne collectée par les banques sert principalement à financer des dettes privées par le biais des différents crédits aux ménages ou aux entreprises alors que les investisseurs institutionnels consacrent l’épargne qu’ils collectent au financement des émissions de titres (actions). Les deux catégories d’intermédiaires participent de manière sensiblement égale au financement de le dette publique et des emprunts étrangers.

L’intermédiation financière prend deux formes :
- financement assuré par par les banques et les institutions financières en réponse à des demandes de crédits émanant des ménages ou des entreprises : ce financement est très souvent réalisé par une création monétaire
- financement relayé par les banques, les institutions financières, les sociétés d’assurance, les OPCVM et les fonds de pension : ce financement repose sur la collecte préalable de l’épargne des ménages et son utilisation sur les marchés financiers.

Dans ces conditions, la diminution de la part des financements provenant du crédit bancaire dans l’ensemble des financements ne suffit pas pour mesurer l’évolution de l’intermédiation. Les intermédiaires sont en effet de plus en plus présents sur les marchés financiers ; ces derniers ne sont plus systématiquement le lieu d’un financement direct. La transformation la plus importante dans les système de financement français est certainement le développement du rôle des investisseurs institutionnels : organismes de placement collectif (OPC), fonds de pension et sociétés d’assurance.

1) La collecte de l’épargne

La collecte de l’épargne est une forme d’intermédiation. Les ménages considèrent souvent que la monnaie qu’ils détiennent sur leur compte courant (non rémunérés), ou sur des livrets ou des comptes de dépôts à terme (rémunérés) se distingue des autres placements financiers par l’absence totale de risque.
Neuf ménages sur dix disposent d’un patrimoine financier, sous forme d’épargne liquide (livrets d’épargne) ou d’épargne plus longue (épargne-logement, assurance-vie, épargne retraite, valeurs mobilières). Le taux d’épargne des ménages est supérieur à 16 % en janvier 2013.

Taux d’épargne des ménages

Il reste l’un des plus importants d’Europe, juste derrière l’Allemagne mais loin devant l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni. Le taux d’endettement des ménages français reste inférieur à la plupart des pays européens.
L’assurance-vie en euros reste, de très loin, le placement préféré des Français, devant les livrets et les actions non cotées. Cette prédominance de l’assurance-vie reste, en Europe, une particularité française partagée avec l’Allemagne.

2) Les crédits aux entreprises et aux ménages

Pour une entreprise l’emprunt peut revêtir deux formes : l’emprunt obligataire (aux conditions des marchés financiers) ou l’emprunt auprès d’intermédiaires financiers (à des conditions spécifiques appréciées par la banque - le degré d’endettement, les perspectives de croissance, la crédibilité de l’entreprise...)

Taux d’endettement des sociétés non financières (dette financière brute/valeur ajoutée)

source : rapport économique social et financier - Tome I - loi de finances pour 2013

En France près d’un ménage sur deux est endetté, et la progression du taux d’endettement est rapide principalement en raison de la diffusion du crédit à la consommation auprès des jeunes.
L’achat d’une résidence principale reste la principale source d’endettement (20% des ménages et 70% de la dette domestique des ménages). Le ration d’endettement des ménages (dette totale / revenu disponible brut) est passé de 50% à 82% entre le début des années 1990 et 2012, ce qui place les ménages français dans une position de faible endettement relativement à ce qui peut être observé en Allemagne, aux Pays-bas, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis).

Taux d’endettement (encours de la dette / revenu disponible brut) en 2011

source : Eurostat

Taux d’endettement des ménages en France


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