Le rôle de la demande dans la décision d’investissement

samedi 31 août 2013

Si l’entreprise dispose d’une capacité de production permettant de répondre à la demande des clients, elle peut retarder ses achats d’équipements, mais même dans ce cas elle devra tôt ou tard investir pour bénéficier des progrès technologiques affectant son matériel.

Taux d’utilisation des capacités de production et investissement

Si l’entreprise n’utilise pas pleinement ses installations, ses équipements, elle peut accroître sa production sans investir.
- La FBCF intervient quand le taux d’utilisation des équipements est proche de son niveau maximum, en revanche s’il existe des capacités de production inemployées, il n’est pas utile d’investir.
- Comme la capacité de production ne peut pas s’adapter rapidement (rigidité) du fait des délais qui accompagnent la mise en place des équipements nouveaux, les entreprises installent en général une capacité permettant de répondre aux variations de la demande.
- Elles sont donc "naturellement" très souvent en situation de sous utilisation des capacités de production. Le taux d’utilisation des capacités de production (TUC) dépasse rarement 90 %.

Le taux d’utilisation des capacités de production est lié aux variations anticipées de la demande de produits.

Ensemble de l’Industrie - Commandes globales (solde d’opinion en CVS) et taux d’utilisation des capacités de production en pourcentage (industrie manufacturière

Source : Banque de France, Enquête mensuelle de conjoncture octobre 2011

Investissement en volume indice 100 pour 1985 et taux d’utilisation des capacités de production en %

Source : INSEE, Tableaux de l’Économie Française 2012

Source : INSEE, Comptes nationaux, 2009
Champ : industrie hors énergie et industrie agroalimentaire

Le taux de variation de l’investissement répond aux variations des niveaux de ces deux déterminants : la demande et l’utilisation des capacités de production installées.

Le rôle de la demande de produits

La formation de capital fixe doit répondre à un besoin pour l’entreprise. La FBCF doit permettre de satisfaire un supplément de demande des produits de l’entreprise.
Albert Aftalion a montré en 1909 que dans l’hypothèse où la technique de production est fixe (pour produire deux fois plus, il faut deux fois plus d’équipements), toute variation de la demande entraîne mécaniquement une variation de la FBCF.
Cette liaison entre demande de produit et investissement est appelée principe de l’accélérateur, parce que les variations induites de la FBCF sont plus fortes que les variations initiales de la demande de produits. Les résultats de ce mécanisme sont cependant très dépendants de la situation de départ, en particulier de l’existence possible d’une capacité de production inemployée et de la pratique de l’amortissement.
Pour en savoir plus voir l’article "Le principe de l’accélérateur"

Exemple

- Le coefficient de capital "v" est égal à 3 ce qui veut dire que lorsque la production vaut 100 le capital vaut 300.
- L’amortissement se fait au taux "d" = 10%

L’investissement réagit très fortement aux variations de la demande de produits. Les achats d’équipements sont "accélérés" par les variations de la demande de produits.

I t = d (K (t - 1)) + v (D t - D (t - 1))

Vérification empirique pour la France : on fait l’hypothèse suivante, l’évolution de la valeur ajoutée est une approximation de la demande anticipée.

Investissement et valeur ajoutée des entreprises non financières (glissements annuels en % , au prix de l’année précédente chaînés)

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Source : INSEE, Note de conjoncture - Investissement - juin 2009


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