Les agrégats des comptes nationaux

samedi 31 août 2013

Les agrégats sont des grandeurs synthétiques donnant des informations statistiques globales.

Les agrégats du Système de comptes nationaux (SCN), par exemple, la valeur ajoutée, le revenu, la consommation ou l’épargne, sont des valeurs composites (regroupant des données hétérogènes) qui mesurent le résultat de l’activité de l’ensemble de l’économie, selon un point de vue particulier [1].

Certains agrégats peuvent être obtenus directement en faisant le total d’opérations particulières ; c’est le cas, par exemple, de la consommation finale, de la formation brute de capital fixe et des cotisations sociales.

D’autres peuvent être obtenus en additionnant les soldes comptables des secteurs institutionnels ; c’est le cas de la valeur ajoutée, du solde des revenus primaires, du revenu disponible et de l’épargne.

L’INSEE publie des tableaux de synthèse pour présenter les principaux résultats et en particulier les agrégats dans un document annuel : l’économie française comptes et dossiers, Annexes statistiques.

Le produit intérieur brut

Le PIB marchand était jusqu’à la fin des années 1990 distingué du PIB non marchand. [2]

Le PIB (produit intérieur brut) est l’agrégat employé par les comptables nationaux français depuis longtemps, la plupart des comptabilités nationales utilisent aussi désormais cet agrégat, mais on trouve encore de nombreuses références au PNB (produit national brut) désormais remplacé par le RNB (revenu national brut).

Le produit intérieur brut (PIB) aux prix du marché est égal à la somme des valeurs ajoutées brutes de tous les producteurs résidents aux prix du marché, plus les impôts sur les importations, diminués des subventions.

Dans l’optique des dépenses, le produit intérieur brut (PIB) se définit comme étant égal au total des dépenses finales aux prix d’acquisition (y compris la valeur FAB [3] des exportations de biens et services) moins le total des importations des biens et des services valorisées franco à bord (FAB).

Dans l’optique du revenu, le produit intérieur brut (PIB) est égal à la rémunération des salariés, plus les impôts, moins les subventions, sur la production et les importations, plus le revenu mixte brut, plus l’excédent d’exploitation brut.

Les 3 approches du PIB pour 2011 (comptes de la nation pour 2011)

Le revenu national brut

La différence essentielle entre les deux agrégats est le critère de délimitation géographique. Pour le PIB c’est la résidence des unités institutionnelles qui est déterminante, on retient la valeur ajoutée par les agents résidents, pour le PNB (RNB) le critère est celui de la nationalité (quelle que soit la résidence). Ainsi pour passer du PIB au PNB (RNB), il faut ajouter au premier les solde des revenus reçus ou versés au reste du monde.

Le revenu national brut (RNB) est égal au PIB, diminué des impôts (moins les subventions) sur la production et les importations, de la rémunération des salariés, et des revenus de la propriété à verser au reste du monde, et augmenté des rubriques correspondantes à recevoir du reste du monde (en d’autres termes, le PIB moins les revenus primaires à verser aux unités non résidentes plus les revenus primaires à recevoir des unités non résidentes).

On doit noter que la définition du territoire de résidence diffère de celle qui est retenue par la Banque de France dans l’établissement de la balance des paiements et qu’elle a été modifiée dans le nouveau système. Pour le SECN de 1976, les départements et territoires d’outre-mer faisaient partie du reste du monde, alors qu’ils sont inclus dans le territoire national pour la Banque de France. Dans le SEC 95, les DOM sont traités comme territoire national (seuls les TOM demeurent dans le “reste du monde”). Cela explique les corrections nécessaires pour passer du compte du reste du monde à la balance des paiements d’une part et les changements de valeurs observés entre les comptes base 80 (ancien système) et les comptes base 95.

Pour un pays développé ayant des relations équilibrées avec l’extérieur, la différence entre les deux agrégats est faible (c’est le cas de la France pour laquelle on l’a vu l’écart entre le PIB et le RNB pour 2008 est seulement de 13 milliards d’euros c’est-à-dire 0,66 % du PIB).
Un pays dominant économiquement comme les États-Unis peut avoir avantage (en termes d’image de sa puissance) à présenter le RNB (PNB) plutôt que le PIB puisqu’il reçoit normalement plus de revenus qu’il n’en verse (les États-Unis ont en effet conservé le PNB jusqu’en 1992, date à laquelle ils ont adopté le PIB parce que les flux de revenus s’étaient inversés).
Pour un pays qui accueille de très nombreuses entreprises étrangères sur son sol alors que lui-même exporte peu de capitaux, l’écart entre PIB et PNB (RNB) est important et il est évident qu’il faut utiliser le PNB (RNB) pour avoir une image satisfaisante de sa richesse.

Une mesure alternative du RNB au prix du marché est la valeur agrégée des soldes bruts des revenus primaires de l’ensemble des secteurs.

Puisque toute la valeur ajoutée se transforme en revenu, le PIB peut aussi être calculé en additionnant les revenus distribués à l’occasion de la production (revenus primaires), par les unités résidentes.
Comme le PIB est calculé aux prix du marché, il faut donc prendre en compte tous les impôts sur la production et les importations et déduire toutes les subventions perçues [4].

Le Revenu national disponible brut, c’est à dire le revenu dont vont disposer les secteurs résidents pour la consommation et l’épargne, s’obtient en déduisant du RNB les transferts courants versés au RDM et en ajoutant les
transferts de même nature reçus du RDM.

RNDB = somme des revenus disponibles des divers secteurs résidents

il permet de connaître le revenu après redistribution, c’est à dire les sommes qui peuvent être librement dépensées par les unités résidentes. Il comprend
donc les investissements de remplacement et est calculé « brut ».

Comme toute la production de biens et services est employée [5], on peut aussi calculer le PIB comme somme des dépenses

L’INSEE met en ligne les agrégats pour la France par habitant à cette adresse.

[1C’est le sens du mot agrégat : un agrégat est une addition de données qui concernent des agents différents, c’est une catégorie.
La production d’une entreprise est facilement repérable et identifiable, l’entreprise existe, elle a une activité physique. La production des sociétés non financières, ou mieux encore, de l’économie nationale, le PIB, n’a pas ces caractéristiques. Il n’y a pas quelque part une entité « sociétés non financières » pas plus que vous ne pouvez rencontrer une entité productive « France ».

[2Cette distinction a aujourd’hui disparu, comme l’explique ce texte extrait de Vingt ans après la comptabilité nationale s’adapte.
"Le précédent changement de système avait apporté un changement majeur dans la définition de la production. Il avait élargi cette notion aux activités des institutions de crédit et des assurances, et surtout avait introduit une production non marchande. Celle-ci était le fait des Administrations,et accessoirement des agents produisant pour leur propre usage. Ces innovations ont été conservées. Toutefois, il n’a pas paru utile de maintenir une estimation séparée du PIB marchand et du PIB non marchand, rendue en outre difficile par le fait que la nouvelle nomenclature d’activités ne distingue pas activité marchande et non marchande. Par ailleurs,la production non marchande a été décomposée en deux, pour séparer celle des agents pour leur usage propre et celle des Administrations. Elles sont dénommées respectivement « production pour usage final propre » et « autre production non marchande »."

[3Le plus souvent les importations sont recensées d’après leur valeur en douane sur la base des factures CAF (coût, assurance, fret) ; au prix du produit lui-même, sont ajoutés les frais de transport et d’assurance nécessaires pour l’amener à la frontière française. Les exportations sont recensées d’après leur valeur en douane sur la base des factures FAB (franco à bord). Les frais de transport jusqu’à la frontière française sont inclus ; en revanche, les frais encourus hors du territoire national pour acheminer la marchandise jusqu’au destinataire sont exclus. Pour traiter les importations comme les exportations les comptables nationaux opèrent la correction.

[4Les impôts sur la production et les importations, nets des subventions, sont en fait le revenu primaire brut des
administrations publiques puisque, à ce stade, les prélèvements sociaux sont intégrés aux autres revenus primaires.

[5L’ajustement se faisant par la variation des stocks : la production non vendue est considérée comme employée à la formation de stocks, et cette variation de stocks étant comptabilisée comme un investissement


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