Présentation des produits financiers

dimanche 1er septembre 2013

L’offre et la demande de financement direct porte sur des “produits” caractérisés par des durées de vie et des niveaux de risque différents. Progressivement, à côté des "valeurs mobilières" ou "titres" des produits ont été introduits pour répondre à des besoins spécifiques.
On peut distinguer les produits négociés sur les marchés boursiers traditionnels (actions et obligations) et ceux qui sont négociés sur des marchés qui ont été longtemps distincts (change et matières premières) ou qui sont apparus depuis peu (produits structurés et dérivés de crédit).

Type actions

Les actions sont des titres de propriété. Pour les titres construits à partir d’actions un des éléments du droit de propriété est aménagé ou retiré, ainsi les certificats d’investissement sont des actions sans droit de vote. D’autres titres ne sont pas vraiment des actions mais droits à recevoir des actions comme par exemple les obligations convertibles en actions ou les obligations à bons de souscription d’action. Sur le marché secondaire des actions les titres peuvent être vendus et achetés mais ils peuvent aussi être simplement prêtés.
Des produits dérivés appuyés sur les actions (qui sont le sous-jacent) permettent de réaliser des opérations de couverture ou de spéculer sur les cours ou le risque associé aux actions. Les trois formes principales de dérivés sont représentées : futures, options et warrants.



Type obligations

Les obligations sont des titres d’endettement pouvant prendre des formes variées en fonction des caractéristiques retenues. Àcôté des obligations traditionnelles on trouve :
- les obligations convertibles en action (à une dte donnée l’obligation peut être convertie en action de la société émettrice)
- les obligations prorogeables (la durée peut être allongée à un taux annoncé)
- les obligations échangeables (le taux fixe peut devenir variable ou inversement)
- les obligations à bon de souscription d’action (des bons associés à l’obligation donnent droit de souscrire pendant un délai fixé des nouvelles actions)
- les obligations à coupon zéro (absence de versement d’intérêt pendant la vie de l’obligation, tout le rendement provient de la différence entre le prix d’émission et le remboursement à l’échéance).
- les obligations indexées (pour se protéger de l’inflation, le rendement ou le remboursement sont indexés sur un prix, le chiffre d’affaire de l’entreprise, un indice de prix...)
- les obligations assimilables du Trésor - OAT (l’assimilation consiste pour l’État à rattacher l’émission à une ancienne tranche d’emprunt. L’État se réserve le droit d’émettre des tranches complémentaires dont le prix d’émission est ajusté en fonction du marché, mais dont les caractéristiques d’émission restent inchangées pour la durée, l’échéance, le nominal,...).
- les titres participatifs (valeur mobilière intermédiaire entre une action et une obligation parce que l’intérêt versé au porteur est constitué d’une partie fixe et d’une partie variable indexée sur les résultat de l’émetteur.)
- les titres subordonnés à durée indéterminée - TSDI (titres de créance perpétuels dont le capital n’est en théorie jamais remboursé et dont le paiement des intérêts peut être reporté si aucun dividende n’est alloué aux actionnaires.)
- les titres subordonnés remboursables - TSR (même principe sauf que le remboursement est prévu).

Les obligations ne sont pas les seuls titres liés à un taux d’intérêt. On peut ranger dans la même catégorie les produits ayant les mêmes caractéristiques de rémunération par un taux d’intérêt mais des échéances plus courtes comme les titres de créances négociables (Billets de trésorerie, Certificats de dépôts, Bons du Trésor, Bons à moyen terme négociables). On peut aussi intégrer dans cette catégorie de produits d’endettement les prêts-emprunts de trésorerie et les pensions livrées (repos).
Entre les obligations et les TCN (parfois appelés "papier commercial") une catégorie nouvelle de titres, les MTN (Medium Term Note) s’est développée aux États-Unis en 2005. Les EMTN (Euro Medium Term Note) sont des titres de créances à moyen terme émis sur le marché de l’euro, non susceptible d’être coté mais négocié sur un marché réglementé de la zone euro. Assimilé à une valeur mobilière, l’EMTN présente des caractéristiques financières définies au sein d’un programme d’émission standardisé destiné à régir à l’avance les opérations de financement qui seront réalisées ultérieurement en une ou plusieurs fois. Par rapport à une émission obligataire classique, cet instrument apporte davantage de souplesse et de rapidité dans les opérations de financement. Ce qui différencie les EMTN des BMTN (Bons à moyen terme négociables) c’est que contrairement à ces derniers les EMTN ne sont pas soumis à la réglementation française. Le marché des EMTN a connu ces deux dernières années un très fort développement en particulier pour les émissions venant des institutions établissements de crédit et entreprises d’investissement.
Bien entendu puisqu’il y a pour tous ces produits un risque, ici c’est un risque de taux (le taux d’intérêt varie) il y a des produits dérivés construits pour ces sous-jacents : swaps de taux, Future Rate Agreement ou FRA, futures, options de taux, cap et floor et d’autres …



Change

Les échanges de devise au comptant ou à terme sont négociés sur le FOREX. Forex est l’abréviation de FOReign EXchange ou marché des changes ou encore marché des devises. Sur ce marché créé en 1971 toutes les monnaies sont échangées en temps réel. Il a longtemps été réservé aux banques (c’était un marché interbancaire des devises), puis il s’est ouvert aux entreprises en plus des investisseurs institutionnels et depuis quelques années il propose des services aux particuliers par l’intermédiaire de "brokers en ligne".
C’est le plus grand marché de capitaux du monde. Chaque jour les montants traités représentent plus de 30 fois ceux qui sont négociés sur Euronext-Nyse (pour ensemble des places).
Comme les cours des devises varient très rapidement et que ces variations peuvent être de grande amplitude, les marchés de couverture sont très développés : futures, options et swaps de change...



Dérivés de crédit

Les produits dérivés de crédit constituent un instrument utile pour les prêteurs (en particulier les banques) qui veulent réduire leur exposition au risque à l’endroit d’un emprunteur particulier sans pour autant être disposés à se séparer de leur créance. Cet instrument permet de transférer le risque à une contrepartie, sans véritablement céder la propriété de l’actif sous-jacent. Les banques ont recours à ces produits pour diversifier leurs portefeuilles de prêts et leurs autres actifs à risque.
Pour en savoir plus voir cet article.



Produits structurés

Il faut distinguer deux types de produits structurés présentant des caractéristiques et des objectifs dissemblables : les produits structurés optionnels ou à gestion dynamique, et les produits structurés plus largement connus sous le terme de produits issus de la titrisation.
Les premiers désignent un montage indexé à la performance d’un sous-jacent assorti d’un objectif de garantie partielle ou totale du capital à l’échéance. S’inscrivent dans cette catégorie les produits à composante optionnelle et les fonds dits « à coussin », gérés selon la technique d’assurance de portefeuille. Ces produits structurés possèdent les caractéristiques de risque/rentabilité de différents instruments financiers parce qu’ils mélangent deux éléments :
- un élément peu risqué, en général un produit obligataire
- un élément "à risque" comme une action, un indice, des devises ou des matières premières...
Ce sera, par exemple, un placement à taux fixe avec une participation à la hausse des cours d’un panier d’actions.
On trouve des produits structurés "défensifs", qui laissent la plus grande partie du capital de l’investisseur à l’élément obligataire et des produits "agressifs" utilisant des produits dérivés pour augmenter l’étendue de la seconde composante.
Les produits issus de la titrisation reposent quant à eux sur un mécanisme de décomposition et de transfert du risque d’un portefeuille à des investisseurs de nature différente en vue de profiter d’un effet de levier. Le marché des produits structurés est donc très diversifié et ces produits ne peuvent pas se trouver coté sur un marché, leur prix est déterminé en utilisant des modèles mathématiques qui modélisent le comportement du produit en fonction du temps et des différentes évolutions du marché. Il y a donc un risque très important d’écart entre le résultat du calcul et la réalité constatée au moment de la liquidation lorsque le doute s’installe. C’est ce qui s’est passé lors de la crise de 2008-2009.



Matières premières

Issus des anciennes Bourses des marchandises les marchés des matières premières sont à l’origine de la création des marchés à terme. Les grandes place de négociations des produits "physiques" ont été "doublées" par des marchés à terme permettant de mettre en place des instruments de couverture contre les risques de prix.
Si les produits sont souvent également cotés sur des marchés à terme régionaux, permettant de prendre en compte des spécificités locales, quelques grands marchés à terme dominent les marchés de matières premières. La tendance est aux fusions sur les places boursières ces dernières années, les grands marchés à terme indépendants devenant de plus en plus rares.
Voici les plus importants marchés à terme de matières premières :
- Les trois grands marchés US.
a) CME Group est né en 2007 de la fusion entre le CBoT et le CME. Le groupe a fusionné en 2008 avec le Nymex (New York Mercantile Exchange).
Le Nymex et la plus grande place de cotations de matières premières au monde ; le Nymex est spécialisé dans l’énergie et, depuis sa fusion avec le Comex (Commodities Exchange), les métaux précieux. Il s’agit de loin du premier lieu de cotation pour l’énergie. Les cotations sont généralement effectuées à la criée en journée, électroniquement le reste du temps. Contrats à terme : pétrole brut, gaz naturel, fuel domestique, essence sans plomb, or, argent, cuivre, platine, palladium et aluminium.
lunettes de soleil Le CBoT est le plus ancien marché à terme aujourd’hui encore en activité, le Chicago Board of Trade, créé en 1848, était spécialisé dans les céréales et les oléagineux. Si la majeure partie de son activité est aujourd’hui concentrée sur les contrats sur instruments financiers, le CBoT reste la plus grande place mondiale en termes d’échange de produits agricoles. La plupart des contrats à terme de matières premières du CBoT sont encore échangés à la criée, parallèlement aux transactions électroniques. Contrats à terme : maïs, graines de soja, huile de soja, tourteau de soja, blé, avoine, éthanol, riz.
c) Le CME (Chicago Mercantile Exchange) est issu du Chicago Butter & Egg Board, fondé en 1898. Contrats à terme : bétail vivant, porc vivant, bétail d’embouche, bois d’œuvre, longes de porc congelées.
- La Bourse des métaux de Londres LME (London Metal Exchange).
Consacré principalement aux métaux non ferreux depuis 1877, le LME a pour particularité d’avoir conservé intactes certaines traditions issues de pratiques de l’époque. Lorsqu’un marchand avait des métaux à vendre, il traçait un cercle afin que les acheteurs enchérissent autour de lui. Le cercle est aujourd’hui entouré de banquettes, sur lesquelles ne s’installent que quelques intermédiaires. Tous les jours, chaque métal est coté à la criée quatre fois au cours des séances de cinq minutes. Ces séances sont complétées par une plate-forme de négociation électronique. Le LME est la dernière place boursière européenne à fonctionner à la criée.
Le LME n’est pas à proprement parler un marché à terme, mais un marché de date : le marché cote chaque jour pour un délai fixe de trois mois, contrairement à ses homologues qui cotent des contrats dont l’échéance est établie à une date définie. Cette particularité a là aussi une origine historique : aux débuts du LME, les opérateurs cherchaient à se couvrir des risques de fluctuations de prix des métaux en provenance d’Amérique latine ou d’Asie du Sud-Est pendant le temps de transport, qui était estimé en moyenne à trois mois.
Autre particularité : les contrats du LME sont garantis par la détention d’importants stocks physiques de métaux, répartis partout dans le monde.
Le LME est de loin le plus grand marché d’échange de métaux de base au monde. Ses cours servent de référence à toutes les négociations commerciales sur ces métaux. Contrats à terme : aluminium, cuivre, étain, nickel, zinc et plomb ; acier ; 2 variétés de plastiques ; bientôt, cobalt et molybdène
- Le LBMA (London Bullion Market Association)
Ce marché regroupe dans une association des grandes banques internationales, des producteurs et des marchands de métaux précieux. Le LBMA est l’un des principaux intervenants sur les marchés physiques de métaux précieux, et est considéré comme la référence pour les prix de l’or et de l’argent. Il ne s’agit pas d’un marché à terme, mais d’un marché où les métaux sont échangés de gré à gré pour livraison immédiate.
- Euronext.liffe
Le Liffe (London International Financial Futures and Options Exchange) a étendu son activité aux produits dérivés sur les échanges de matières premières en 1996, en acquérant le LCE (London Commodities Exchange), avant d’être racheté par Euronext en 2002 (qui a lui-même fusionné avec le Nyse). Euronext.liffe est surtout présent sur les produits dérivés sur actions et taux d’intérêt. Sur les contrats à terme de matières premières, les volumes d’échange sont loin de ceux des grandes places américaines, mais ils servent de référence sur les marchés physiques européens. Contrats à terme : blé meunier, blé fourrager, maïs, colza, huile de colza, cacao, café robusta, sucre roux et blanc.


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