Productivité et croissance économique

dimanche 29 septembre 2013

Puisque la croissance de la productivité globale (totale) des facteurs se déduit par différence entre la celle de la, production et celles des contributions du travail et capital il est tentant de se demander si en dehors de cette explication arithmétique il n’y a pas des raisons de penser que la croissance économique et la croissance de la productivité sont dans une relation de causalité réciproque.

Croissance économique et économies d’échelle.

Les économies d’échelle se manifestent lorsque l’augmentation de la production s’accompagne d’une diminution du coût moyen.
Pour les activités dans lesquelles les coûts fixes sont importants plus la quantité produite est grande, plus le coût fixe moyen est faible (puisque le coût fixe total est divisé par un nombre de produits plus grand).
Les exemples d’activités connaissant de fortes économies d’échelle sont nombreuses : toutes celles dans lesquelles les dépenses de recherche initiale sont importantes (industrie du médicament) ou celles qui produisent de l’information et/ou de la communication, car la diffusion ne coûte pratiquement rien (toutes les activités de l’internet sont de cette ordre), ou encore celles qui reposent sur des réseaux, plus le réseau est grand plus le coût fixe moyen est faible (adduction d’eau, réseau ferré, réseau de distribution électrique, réseau téléphonique...).
L’existence d’économies d’échelle est conforme à l’intuition d’Adam Smith qui voyait dans la taille des marchés une des causes de la richesse des Nations. L’extension de la division du travail permise par le développement de nouveaux marchés, une production élargie, est une source de rendements croissants puisqu’elle autorise une plus grande spécialisation. Ce constat entre en contradiction avec une autre intuition de Smith qui est la justification absolue du libéralisme, l’existence d’une main invisible qui assure par le biais de la concurrence que l’économie est forcément en équilibre et qu’aucun acteur ne peut imposer sa loi aux autres dans une économie de marché. S’il existe des rendements croissants, si les grandes entreprises sont plus efficaces que les petites, alors la concurrence disparait au profit des monopoles !
C’est pour éviter cette contradiction que seront développées les théories de la croissance endogènes.

De la loi de Kaldor Verdoorn à la croissance endogène

En 1949 Petrus Johannes Verdoorn met en évidence une relation entre croissance de la productivité et croissance de la production (mesurée par le PIB), à partir de données sur 15 pays pendant l’entre-deux-guerres. Cette relation ne doit pas être confondue avec le cycle de productivité
Cette liaison est intégrée à son analyse de la croissance par Nicholas Kaldor en 1967. Il y a alors une détermination endogène (qui ne vient pas de l’extérieur du système) du progrès technique puisque la croissance nourrit les gains de productivité qui eux mêmes alimentent la croissance.
Il reste à comprendre comment.
Au milieu des années 1980 un nouveau courant d’explications de la croissance économique se développe à l’initiative de plusieurs auteurs. Ces théories sont regroupées sous le label "Théories de la croissance endogène".

Les théories de la croissance endogène constituent un renouvellement de l‛analyse des sources de la croissance et ambitionnent à partir de cette nouvelle compréhension d‛influencer les facteurs déterminants par la politique économique.
L‛ambition commune de ces théories amorcée par Paul Romer en 1986 et Robert Lucas en 1988, vise à rendre compte des facteurs qui gouvernent l‛accumulation du progrès technique, le facteur inexpliqué de la croissance.
Ces théories proposent trois types d‛explications :
- un phénomène et processus d‛apprentissage qualifié de "learning by doing" aussi bien entre salariés d’une même entreprise qu’entre salariés d’entreprises différentes
- l‛accumulation de capital humain au sein du système éducatif et de la formation continue
- la Recherche-Développement R&D.
Pour en savoir plus sur les théories de la croissance endogène lire cet article

Le cycle de productivité.

On appelle cycle de productivité le fait que les variations de l’activité se répercutent en effet sur l’emploi avec un certain délai.
Ce décalage dans l’ajustement de l’emploi à l’activité crée ce qu’on appelle un cycle de productivité. Une baisse de l’activité se traduit dans un premier temps par une chute de la productivité car l’emploi baisse moins que la production : avant de licencier, les entrepreneurs préfèrent diminuer le temps de travail ou recourir au chômage partiel. À l’inverse, au sortir d’une récession, la reprise de l’activité n’entraîne pas de reprise immédiate des créations d’emplois : avant d’embaucher, les entreprises commencent, par exemple, par augmenter les heures travaillées. En n’augmentant pas immédiatement leurs effectifs, elles restaurent ainsi la productivité qu’elles ont perdue en période de ralentissement. Le cycle économique s’accompagne donc, en règle générale, d’un cycle de productivité.

PIB, emploi et productivité - France 1997-2009


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