Quelles incitations pour la croissance de la productivité

samedi 8 février 2014

L’expérience des pays africains, des pays d’Amérique latine ou des pays en transition (anciens États socialistes) montre que la stabilité politique dans un cadre institutionnel accepté par les citoyens, et l’existence d’un État de droit luttant contre la corruption sont des conditions du développement.

Pour de nombreux auteurs à la suite de Joseph Schumpeter, l’efficacité du marché vient de la sanction positive (profit) ou négative (faillite) qui est attachée à l’activité de l’entrepreneur. Selon Douglas North (prix Nobel) c’est l’introduction et le développement des droits de propriété intellectuelle (brevets) qui encourage (récompense) l’innovation.

On en vient à l’idée que les institutions ne sont pas réellement séparables des transformations qui accompagnent et permettent la croissance. Il faut considérer que l’une des sources de la croissance, c’est la croissance, parce qu’elle est à l’origine d’effets externes.
- Lorsqu’un agent économique, producteur ou consommateur voit sa situation modifiée (en bien ou en mal) par le comportement d’un autre agent, il y a un effet externe de production ou de consommation (positif ou négatif).
- Derrière le concept flou "progrès technique" il y a : la diffusion des connaissances et les phénomènes d’apprentissage "learning by doing" et "learning by watching", les investissements de recherche-développement, les dépenses publiques pour les infrastructures...
- Ce sont des dépenses non rentables pour une entreprise isolée mais ayant un rendement collectif évident parce qu’elles créent un environnement favorable à la croissance de la production. Ces dépenses on des "effets externes" importants pour les producteurs.
- Comme leur rendement privé est négatif elles ne sauraient être mises en œuvre par les entreprises privées. Il faut donc que l’État mette en place cet environnement favorable à la croissance par l’intermédiaire des dépenses publiques d’équipement, de formation et par une politique de soutien à la recherche-développement.

Curieusement les théories de la croissance endogène (présentées dans cet article), qui concluent au rôle stimulant de l’intervention structurelle de l’État, ont été élaborées par des économistes appartenant le plus souvent à la tradition libérale : Kenneth Arrow, Robert Barro, Robert Lucas, Paul Romer.

Les nouvelles théories de la croissance endogène montrent pourquoi et comment il faut que l’État intervienne pour créer un cadre favorable à l’émergence des innovations.
Cette intervention peut prendre la forme d’une participation directe par la mise en place d’un système portant l’effort de recherche-développement à un niveau nettement plus élevé (aides aux entreprises innovantes, augmentation des budgets des centres publics de recherche).
Mais elle doit aussi encourager et aider les entreprises innovantes,
- en tissant des liens entre les universités et les entreprises,
- en formant une main d’œuvre de qualité ayant une forte mobilité professionnelle,
- en proposant des infrastructures répondant rapidement aux changements technologiques en particulier en matière d’information et de communication (pour les entreprise et pour leurs clients)
- en mettant en place un système de protection de la propriété intellectuelle efficace (brevets)

Souvent l’innovation est retardée voire abandonnée parce qu’il est impossible de trouver un financement adapté et c’est particulièrement vrai pour les petites et moyennes entreprises. La formule de financement qui doit répondre à cette situation est ce que les économistes appellent le "capital risque".


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