Rôle des marchés financiers

dimanche 1er septembre 2013

Les marchés financiers remplissent plusieurs fonctions importantes souvent mal comprises ou chargées de préjugés. L’annonce quotidienne des cours boursiers et les commentaires associés ne doivent pas faire oublier que la grande majorité des entreprises ne sont pas introduites en bourse et qu’une petite partie des ménages détiennent des titres ce qui implique qu’ils et elles ne sont pas concernés directement par ces évolutions. La valeur d’une entreprise n’apparait pas directement dans sa comptabilité, puisqu’elle intègre un jugement porté sur la situation actuelle de l’entreprise mais aussi sur son devenir. De ce point de vue les marchés financiers permettent de connaître chaque jour le prix que certains sont prêts à payer pour acquérir l’entreprise, ce qui est l’expression directe de sa valeur. De même les opérations de restructuration, OPA et OPE sont souvent présentées comme des manipulations financières réalisées pour le seul profit des actionnaires alors qu’elles sont un épisode normal du développement de l’activité des entreprises concernées. Enfin les transformations récentes des marchés financiers ont renforcé une fonction mal connue : la gestion du risque.

Financement et placement

Financement
Placement
Les sociétés "introduites" sur les marchés financiers peuvent se procurer des ressources financières de deux manières :
- en procédant à une augmentation de capital par émission d’actions nouvelles
- en s’endettant par une émission de titres de dettes comme les obligations par exemple.
Ce mode de financement constitue un appel public à l’épargne réalisé dans des conditions réglementées et connues de tous. La participation aux marchés financiers confère aux sociétés cotées une notoriété qui rassure les apporteurs de capital et qui garantit la transparence de l’opération.
Si les sociétés et les administrations publiques peuvent se financer sur les marchés financiers c’est parce q’elles trouvent sur ces marchés des capitaux proposés par les ménages et d’autres sociétés non financières et des intermédiaires financiers.
Les placements sur les marchés financiers séduisent en raison de leur rendement élevé : un revenu attaché à la détention du titre (dividende de l’action ou intérêt de l’obligation) et une éventuelle plus value à l’occasion de la vente du titre.

Pour en savoir plus...

Les grandes entrepries se financent de plus en plus par émission de titres sur les marchés financiers. Mais, il ne faut pas perdre de vue que ce mode de financement ne concerne que les entreprises admises sur les marchés c’est-à-dire moins d’une entreprise sur mille en France. Comme il s’agit de grandes entreprises cela représente cependant une part importante du financement total. L’introduction en bourse se fait par étapes :
- un projet de développement et une stratégie
- un certain nombre d’années d’existence pour pouvoir présenter des bilans de plusieurs exercices à l’AMF
- un prospectus : dossier obligatoire qui sera soumis à l’AMF (Autorité des marchés financiers) ; il comprend une présentation juridique et commerciale de la société, des rapports financiers des trois exercices précédents, la stratégie
- le prospectus est déposé auprès de l’AMF pour validation de la demande
- le Prestataire de service d’investissement (PSI) intervient alors pour préparer le palcement en dialoguant avec les investisseurs
- le PSI organise des rencontres avec des investisseurs, fait des suivis en analyse financière (cela coûte 4 à 5 % du montant mis en bourse) et demande un pour cent du capital
- la procédure d’introduction peut alors intervenir.
Il n’y a plus de limites de capitalisation puisque le marché Eurolist est divisé en trois compartiments.
En plus d’Eurolist le marché libre adapté - Alternext - (organisé mais non réglementé) et le marché libre dédié aux jeunes pouces (il faut deux ans d’historiques comptables avec un prospectus visé par l’AMF pour les opérations supérieures à 2,5 milliards d’euros) offrent la possibilité de lever des capitaux.

Les investisseurs qui font des placements boursiers poursuivent deux objectifs qui ne sont pas contradictoires :
- percevoir le revenu attaché aux titres (intérêt ou dividende)
- faire une plus-value (vendre à un prix plus élevé que le prix d’achat).

La perception du revenu est aléatoire dans le cas des actions puisque les dividendes sont une partie du profit réalisé par la société et que ce profit n’est pas forcément distribué.Pour les obligations le revenu est assuré le plus souvent (taux d’intérêt contractuel fixé à l’avance). Dans les deux cas le revnu est perçu par celui qui détinet le titre à l’échéance du versement.
La réalisation d’une plus value repose sur deux conditions : pouvoir attendre le bon moment pour vendre, acquérir des titres qui ont des perspectives d’évolution favorable et se débarrasser rapidement de ceux qui sont sans perspectives à moyen ou long terme. De ce point de vue la volatilité du cours des actions est beaucoup plus grande que celle du cours des obligations. Pour les obligations le cours dépend des variations des taux d’intérêt, il est donc assez facilement prévisible puisque la politique monétaire est annoncée à l’avance par la BCE. Pour les actions c’est beaucoup plus aléatoire car le prix d’une action dépend de très nombreux déterminants. Ceci étant un investisseur a généralement un portefeuille de titres de manière à diversifier les risques. L’indicateur de performance est dans ce cas représenté par un indice boursier par exemple le CAC 40.



Valorisation des sociétés

Les marchés financiers permettent d’apprécier la valeur (de vente) d’une société. En multipliant le cours de l’action de la société par le nombre d’actions émises par cette société depuis sa création, on calcule la capitalisation boursière de cette société (le prix qu’il faudrait payer pour acheter la totalité des actions de la société, pour en devenir pleinement propriétaire).
Cette valeur boursière ne correspond pas rigoureusement à la valeur total des actifs de la société. Faire la somme de la valeur des équipements, des batiments, des créances, des disponibilités bancaires et monétaires, des stocks de produits... donne la valeur de vente de l’actif. Mais la valeur de la société inclus une dimension subjective, une appréciation sur les perspectives de croissance de la société. Cette appréciation ne peut pas être résumée par des postes du bilan, elle dépend de l’équipe dirigeante de l’entreprise, des prévisions d’évolution du marché sur lequel se trouve cette entreprise et des restructurations attendues sur ce marché.

Voir l’exemple de Danone...

Le 7 décembre 2012 l’action Danone à Paris valait 49,380 euros ; 1 394 604 titres ont été échangés pendant la journée représentant 0,217% sur un total de 643 155 123 titres constituant le capital de la société donnant une capitalisation égale à 31 759 millions d’euros (la valeur totale de l’actif au 31-12-2011 était égale à 28 426 millions d’euros), ce qui montre bien que la capitalisation boursière d’une société ne correspond pas rigoureusement à la valeur de l’entreprise mesurée par celle de ses actifs.
L’action Danone est sur Eurolist NYSE Euronext Paris.
Elle participe à plusieurs indices : CAC 40, CAC AllShares, Euronext 100, EuroStoxx 50, Eurotop 100, NextCAC 70
Elle est éligible au SRD et au PEA.
Danone figure parmi les premiers groupes agroalimentaires mondiaux. Le CA par famille de produits se répartit comme suit :
- produits laitiers frais (57,2% ; n° 1 mondial) : yaourts et desserts (marques Danone, Activia, Actimel, Danette, Gervais, etc.) ;
- aliments infantiles (19,7% ; n° 1 mondial) : marques Blédina, Wow&Gate, Nutricia et Milupa ;
- eaux conditionnées (16,9%) : eaux naturelles, aromatisées ou enrichies en vitamines (marques Evian, Volvic, Badoit, Aqua, etc.) ;
- produits de nutrition médicale (6,2%) .
Fin 2010, le groupe emploie 80 976 personnes dans 158 sites de production dans le monde et réalise 55,6% des 15 milliards d’euros de son chiffre d’affaires en Europe (14% en Asie).
Le capital du groupe est très largement diffisé dans le public puisque le "flottant" représente plus de 80% des titres. Le reste du capital est détenu par des actionnaires stables : Eurazeo est une société d’investissement et Legendre Holding est une filiale de Eurazeo, FCPE est le fonds commun d’entreprise du groupe (salariés actionnaires), Sofina Henex sont des sociétés d’investissement contrôlées par le groupe familial Boël, la Caisse des dépôts et consignation est un groupe public (il gère en particulier les fonds des livrets A) investisseur institutionnel faisant des placements durables.



La distinction entre marché primaire et marché secondaire peut donner à penser que la société regarde avec peu d’intérêt l’évolution de son cours boursier puisque cela ne concerne pas directement son financement (les actions émises ont permis ce financement, peu importe qui les détient) mais simplement des opérations entre les détenteurs du titre.
Pourtant il est clair que le cours de l’action intéresse la société pour au moins deux raisons.
- D’une part c’est une indication de la perception collective de la situation de l’entreprise.
- D’autre part une baisse des cours rend plus facile une opération de rachat lancée de l’extérieur, le risque de perte de contrôle s’accroît.

Restructuration des sociétés

Les sociétés cotées peuvent utiliser le marché boursier pour opérer des opérations de fusion, ou des fusions acquisitions. Il faut alors que les actions changent de mains pour permettre à une société de prendre le contrôle d’une autre société, avec ou sans son consentement. Ce sont des opérations parfaitement normales dans une économie qui se transforme sous l’effet des innovations et de la concurrence. L’objectif est de permettre une augmentation de la taille de l’entreprise sans passer par la formation brute de capital fixe (achat d’équipements nouveaux) mais en achetant une entreprise déjà en place.
Puisque le capital de la société est divisé en actions détenues par plusieurs actionnaires, le contrôle de la société dépend de l’existence d’un actionnaire ou d’un groupe d’actionnaires disposant d’un nombre suffisant d’actions pour l’emporter dans les votes des assemblées générales des actionnaires en particulier pour nommer les membres du conseil d’administration.
Les prises de contrôle prennent généralement la forme dune offre publique c’est-à-dire une opération dans laquelle l’initiateur de l’offre propose à tous les actionnaires de la société concernée (le public) le rachat ou l’échange de leurs actions sous certaines conditions. Ces conditions doivent être identiques pour tous les actionnaires.

La notion d’"offre publique" regroupe différentes opérations :
- les Offres Publiques d’Achat (OPA),
- les Offres Publiques d’Echange (OPE),
- les Offres Publiques de Rachat d’Actions (OPRA),
- les Offres Publiques de Retrait (OPR).

Chacune de ces offres a ses propres caractéristiques et se rapporte à des initiatives différentes :
- l’Offre Publique d’Achat (OPA) consiste à racheter toutes les actions de la société cible aux actionnaires actuels qui sont d’accord pour vendre. Pour cela, la société initiatrice de l’OPA propose un prix de rachat des titres en général supérieur au dernier cours coté.
On distingue les opérations amicales (la société cible est d’accord pour être rachetée), et les opérations inamicales (la société cible va essayer de faire échouer cette tentative de rachat en utilisant toutes ses armes par exemple en faisant une contre OPA en proposant un prix plus élevé).
- l’Offre Publique d’Echange (OPE) permet de ne pas sortir d’argent pour acquérir la société cible mais de payer celle-ci avec ses propres titres.
- l’Offre Publique de Retrait (OPR) utilisée pour supprimer un titre de la cote. Elle fait généralement suite à une OPA ou une OPE et porte sur le solde des titres qui n’ont pas été apportés à l’offre (le flottant).
- l’Offre Publique de Rachat d’actions (OPRA) intervient lorsqu’une entreprise possède des liquidités non employées (de la trésorerie), et veut proposer à ses actionnaires de racheter une part de leurs actions. Cette technique permet mécaniquement de valoriser le cours de bourse de la société et de renforcer le contrôle que la majorité actuelle exerce sur le capital de la société.

Fusions acquisitions impliquant une entreprise française en milliards d’euros


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