Surplus du consommateur et du producteur.

lundi 13 janvier 2014

C’est Jules Dupuit (1804-1866) qui a introduit l’utilisation du surplus du consommateur pour traiter la question des décisions en matière d’infrastructures publiques (il était ingénieur des ponts et chaussées). Son analyse sera complétée par Alfred Marshall et elle est devenue un élément important de l’analyse des choix collectifs dans lesquels il faut mesurer les effets sur le bien être d’une taxation ou d’un prix administré (par l’État ou un monopole).

Ce que les économistes appellent "surplus du consommateur" c’est l’écart entre la dépense supportée par ce dernier lorsqu’il règle son achat au prix du marché et celle qu’il était prêt à supporter en achetant les quantités une à une jusqu’au prix du marché. Cette dépense "potentielle" est la "disposition à payer".

Au prix p1 la demande est D1. La dépense entraînée par cette demande est mesurée par la surface 0p1d1D1.

Le fait que la demande de ce consommateur soit décroissante signifie que pour le décider à acheter une unité supplémentaire il faut que le prix de cette unité soit plus faible. Ainsi la demande est décroissante parce que la disposition à payer est décroissante. On dirait dans le langage courant que « la première unité a plus de prix que la suivante ».
Au prix p1, sur toutes les unités achetées il réalise un "gain", il les achète à un prix inférieur à celui qu’il était disposé à payer.
L’écart entre la dépense effective et la dépense totale qu’il était prêt à assumer, unité par unité est mesurée par la surface du triangle p0p1d1.

Cette surface est le "surplus du consommateur".

Quand le prix diminue, passant de p1 à p22.

Cette baisse du prix entraîne une augmentation de la demande ce qui se traduit par une augmentation du surplus du consommateur qui devient égal à la surface du triangle p0p2d2.

Quand le prix baisse, toutes choses égales par ailleurs, le surplus du consommateur augmente.

En introduisant l’offre de produit on peut faire apparaître de la même manière un surplus du producteur.
Si l’offreur accepte de vendre une unité au prix p1 c’est qu’à ce prix il couvre le coût de cette unité. Dans les conditions habituelles de production chaque unité coûte un peu plus à produire que la précédente, le coût marginal est croissant quand la quantité produite augmente. Si l’offreur vend toute sa marchandise au prix p1 toutes les unités sauf la dernière sont vendues à un prix plus élevé que celui qu’il était prêt à accepter.

La surface O1o1p10 mesure la recette totale. La surface du triangle 0p1o1 mesure le "surplus du producteur" c’est-à-dire le gain qu’il réalise en vendant au prix p1 au lieu de vendre chaque unité au prix limite qu’il est prêt à accepter.

Lorsque le prix baisse, toutes choses égales par ailleurs, le surplus du producteur diminue.

Au prix d’équilibre les deux surplus, celui des vendeurs (producteurs) et des acheteurs (consommateurs) sont à leur valeur la plus élevée possible.

Le prix d’équilibre maximise les surplus des vendeurs et des acheteurs

Pour le montrer il suffit d’envisager les situations dans lesquelles le prix est supérieur ou inférieur au prix d’équilibre.

Dans le premier cas la demande est réduite relativement à l’offre, les économistes disent que l’offre est contrainte. Les offreurs ne peuvent pas écouler toute l’offre qu’ils peuvent vendre à ce prix parce que ce prix décourage les acheteurs.

La somme des surplus des consommateurs et des producteurs, la surface OCBpn augmentée de la surface p0pnB est inférieure à celle qui correspond au prix d’équilibre.
La différence est constituée par la surface du triangle BEC.

Dans le second cas l’offre est réduite relativement à la demande, les économistes disent que la demande est contrainte. Les demandeurs ne peuvent pas acheter tout ce qu’ils souhaitent acheter à ce prix parce que ce prix décourage les vendeurs.

La somme des surplus des consommateurs et des producteurs, la surface pnCBp0 augmentée de la surface pnC0 est inférieure à celle qui correspond au prix d’équilibre.
La différence est constituée par la surface du triangle BEC.

Pour une version plus développée montrant en particulier que le "surplus du consommateur" est une des trois mesures possibles des gains de l’échange (le surplus du consommateur, la variation équivalente, et la variation compensatoire) et que ces trois mesures ne coincident que dans des circonstances particulières (forme de la demande), vous pouvez télécharger ce diaporama extrait du cours de Microeconomie (chapitre 14) proposé par Gani ALDASHEV sur le webcampus de la Faculté universitaire de Namur. Ce diaporama est directement inspiré par le chapitre correspondant de Introduction à la microéconomie, Hal Varian, De Boeck, 5e édition, 2003.


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