Taux de change

mercredi 15 janvier 2014

Le taux de change d’une monnaie est le prix d’une monnaie exprimé dans une autre monnaie.
Le taux de change de l’euro contre dollar indique par exemple combien d’euros on peut obtenir contre un dollar et inversement.
Le taux de change de marché est celui qui s’établit sur les marchés des changes à chaque moment de la journée compte tenu des offres et des demandes de chacune des deux monnaies.
Le taux de change est dit fixe lorsque les deux États s’engagent à défendre un taux de change officiel en intervenant sur le marché des changes.
Il est dit flexible si il n’y a pas de taux de change officiel.

Depuis les accords de La Jamaïque (1976) les taux de change sont en principe flexibles, mais les États qui participent à une entente régionale peuvent adopter un régime de changes fixes. Ce fut le cas pour l’Union européenne dans le cadre du Système Monétaire Européen (SME) de 1979 à 2000. Depuis cette date il n’y a plus de problème de change entre les pays de la zone euro puisqu’ils ont une monnaie unique : l’euro.

Sur le site ecodico une petite vidéo pour présenter les taux de cahnge

Taux de change du marché

Quelque soit le régime de change (fixe ou flexible) chaque jour, les achats et les ventes de devises sont pratiqués sur des marchés des changes [1]. Il y a deux types de taux de change, selon la date de l’échange réel des monnaies : le taux de change au comptant est le prix pour une transaction "immédiate" (un jour ou deux au maximum pour les grosses transactions) ; le taux de change à terme est le prix pour une transaction qui interviendra dans 30, 90 ou 180 jours.
Le montant quotidien des opérations sur le marché des changes dépasse en moyenne 4000 milliards de dollars soit en une semaine deux fois le PIB annuel des Etats-Unis, les opérations au comptant représentaient seulement 30%.
Le marché des changes est de plus en plus nettement un marché à terme.

Un taux de change peut être exprimé de deux façons : la cotation au "certain" consiste à donner le nombre d’unités monétaires étrangères qui correspondent à une unité de monnaie locale ; la cotation, "à l’incertain" indique le nombre d’unités monétaires locales correspondant à une unité de monnaie étrangère. Par exemple, 15 janvier 2014, l’euro cotait à Paris 1.3598 Dollar US(cotation au certain), ou encore le dollar contre euro s’échangeait à 0,73548 (cotation à l’incertain).

Le marché des changes est ouvert 24 heures sur 24, du dimanche soir au vendredi soir. La séance commence en Australie, pour se poursuivre en Asie, en Europe puis aux Etats-Unis et la boucle est bouclée.

Les intervenants sur ce marché sont principalement, les entreprises qui réalisent des contrats internationaux (réglés parfois au comptant) et qui souhaitent se couvrir contre des fluctuations des cours afin d’assurer la stabilité de leurs revenus (c’est le rôle des opérations à terme) et les grands investisseurs institutionnels, au travers des principales banques, qui réalisent des transactions sur ce marché à but spéculatif ou de couverture (là encore il s’agit d’opérations à terme).

Comme le taux de change obéit à un mécanisme de marché, il est déterminé par les facteurs influençant l’offre et la demande des deux monnaies concernées pour les transactions internationales.
- Celles-ci peuvent porter sur les capitaux et les titres financiers, et dans ce cas les mouvements se font vers la monnaie du pays pratiquant le taux d’intérêt le plus élevé des deux.
- Lorsqu’elles portent sur les biens et services, l’évolution relative des prix des produits dans les deux économies est déterminante. Le pays qui connaît l’inflation la plus forte perd peu à peu ses clients et la demande de l’autre monnaie devient plus importante. Une autre manière de dire la même chose est de prendre en compte le fait que l’inflation c’est une perte de pouvoir d’achat et que le pays qui a une inflation plus forte a une monnaie qui subit une perte plus grande de pouvoir d’achat, elle est donc normalement moins attractive.
- Le solde de la balance générale des paiements entre les deux pays se traduit par une diminution ou une augmentation des réserves de devises des deux Banques centrales, et cela donne une information utilisée par les agents pour choisir dans quelle monnaie ils vont conserver leurs avoirs. Un solde déficitaire pour une des deux économies conduit à se reporter sur la monnaie de l’autre pays.

Les déterminants fondamentaux du taux de change entre deux monnaies sont : l’écart de taux d’intérêt, l’écart d’inflation, le solde de la balance des transactions courantes.

Le graphique montre la grande instabilité des taux de change (ici euro contre dollar). Celle-ci ne peut pas s’expliquer simplement par l’évolution des déterminants fondamentaux et cela pose la question de l’existence d’un taux de change reflétant les pouvoirs d’achat respectifs des deux monnaies.

Il y a en effet théoriquement un taux de change traduisant la position relative des deux économies. En supposant que les taux d’intérêt sont les mêmes sur toutes les places financières, le taux de change d’équilibre est celui qui permet de respecter la parité des pouvoirs d’achat (PPA).
Dans l’hypothèse de coûts de transport et de livraison nuls, si un livre vaut 15 euros à Paris, et 20 dollars à New-York, alors le taux de change respectant la PPA est 1 euro = 1,33 dollars. Ainsi avec 15 euros je peux acheter le livre à Paris et à New-York, puisque 15 euros c’est 20 dollars. [2]

On comprend que la détermination du taux de change officiel, dans un régime de change fixe est essentielle pour éviter une tendance permanente à la spéculation.

La spéculation joue en effet un rôle important pour les marchés des changes. Comme sur les marchés financiers, cette spéculation est utile parce qu’elle permet de rendre le marché des changes liquides (il y a en permanence des agents vendeurs et acheteurs de devises) mais elle peut aussi être nuisible.
Lorsque les mouvements spéculatifs sont déterminés de manière “mimétique” (chacun fait comme les autres) sans liaison avec les déterminants fondamentaux, les taux de change sont très difficiles à protéger. L’instabilité qui s’en suit, rend l’échange de produits particulièrement incertain donc plus coûteux. Les crises monétaires internationales pénalisent le développement du commerce et des échanges.

Taux de change nominal, taux de change réel, taux de change d’équilibre

Le taux de change du marché est le taux de change nominal, c’est l’instrument de conversion des prix d’une unité monétaire dans une autre.

On appelle taux de change réel le taux de change nominal entre deux monnaies déflaté des prix.
Plusieurs calculs du TCR sont possibles mais la définition la plus générale et la plus utilisée en pratique est la suivante :
Dans cette expression E est le taux de change nominal, P* est l’indice des prix étrangers en monnaie étrangère et P, celui des prix locaux. L’indice général des prix inclut à la fois les prix des biens échangés (exportables et importables) et les prix des biens non échangés.
C’est à partir de lui qu’est énoncé la règle de la parité des pouvoirs d’achat.
Pour apprécier l’évolution de la compétitivité d’une économie il faut prendre en considération les évolutions du taux de change. Ainsi, une appréciation du taux de change pénalise les exportations et stimulent les importations.
Si on s’en tient aux taux de change nominal ou réel tels qu’ils sont définis ci-dessus on néglige le fait que le commerce ne se fait pas seulement entre deux nations.
En se focalisant par exemple sur le taux de change euro contre dollar on accorde un poids excessif aux échanges de la zone euro et des Etats-Unis. Si les Etats-Unis représentent, environ 18 % des marchés extérieurs de la zone euro, le Royaume-Uni pèse à lui seul près de 22 %, et les quatre pays de l’Union européenne qui sont hors euro, 32 %. Les pays émergents et en particulier, la Chine, l’Inde et la Russie sont aussi des partenaires importants. Il faut donc suivre la monnaie européenne relativement à l’ensemble des taux de change de tous ses principaux partenaires commerciaux, en pondérant les différents taux par la place occupée par chaque pays dans les échanges.

Le taux de change effectif permet de prendre en compte la structure du commerce extérieur de la zone concernée. Le taux de change effectif nominal est celui qui se calcule sans corriger les taux de change utilisés pour sa détermination, le taux de change effectif réel est calculé en tenant compte du rythme d’inflation des partenaires commerciaux.

Source : Flash éco AFEP : L’euro est-il surévalué ? (20-02-2013)

[1Le marché des changes est parfois nommé marché des devises et mondialement connu sous l’appelation FOREX (FOReign EXchange market).

[2Ces calculs sont finalement très délicats et il ne faut pas leur attribuer plus de qualité qu’ils n’en méritent : la marge d’erreur est assez large et si les taux de change calculés en PPA peuvent avoir un sens entre des économies ayant un même niveau de développement c’est plus difficile à accepter pour des comparaisons entre économies développées et économies en développement. _ On peut d’ailleurs s’interroger sur la solidité des commentaires appréciant les performances relatives des États quand les prix de certains produits varient très fortement (le pétrole ou les matières premières depuis 2004).


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