Une présentation schématique des liens entre les courants de pensée en économie

samedi 31 août 2013

Panorama rapide des courants de pensée en économie. Il est facile de montrer que les théories économiques entretiennent des relations complexes en construisant un tableau des filiations constituant le meilleur moyen de situer à la fois dans le temps et dans l’espace théorique les différents auteurs.

Trois tableaux sont présentés ci-dessous à cet effet.

Le premier décrit les liaisons permettant de repérer la pensée économique libérale dans ces deux orientations essentielles : l’école classique et l’école néoclassique.

Le second permet de retrouver les origines et les prolongements de l’analyse keynésienne.

Le troisième enfin trace les frontières du marxisme et la circulation des idées qui sont à l’origine ou qui perpétuent ce courant.

Les trois organigrammes font par ailleurs apparaître des prolongements constituant des dissidences ou des hétérodoxies.
Il faut cependant éviter de schématiser à l’excès. Contrairement à ce que montrent ces schémas, les courants de pensée repérés ne sont pas homogènes.

Il y a plusieurs libéralismes, et les oppositions à l’intérieur de ce courant dominant sont parfois très fortes. Les pères fondateurs du courant, les économistes classiques ont écrit de nombreuses pages montrant que leur vision du monde n’est pas dépourvue de réflexion sur les aspects sociaux (à l’exemple du “père fondateur” Adam Smith qui rédige une “Théorie des sentiments moraux” avant “Recherches sur la nature et les causes de la richesse des Nations”). Jean-Baptiste Say énonce la loi des débouchés selon laquelle l’offre fait toujours naître la demande permettant de l’absorber mais Thomas Robert Malthus pense que l’épargne ne se transforme pas toujours en dépense ce qui est une cause de crise. Vilfredo Pareto est à la fois l’économiste décrivant l’équivalence entre équilibre général de marché et optimum économique et le sociologue qui rédigera un gros "traité de sociologie générale" en 1916. Les ultra-libéraux américains d’aujourd’hui allant jusqu’à prôner l’avènement d’un État zéro, laissant toutes les activités humaines régies par des marchés sont très éloignés des tenants d’une limitation de l’intervention publique aux seuls domaines pour lesquels le marché montre des difficultés et pour les projets de moyen ou long terme (théories de la croissance endogène). Ils sont aussi à l’image de certains libertariens comme Robert Nozick, capables de réclamer la disparition de l’héritage et la redistribution totale des facteurs de production à chaque génération.
Comment situer l’école autrichienne et la variété de ses discours de Ludwig von Mises à Friedrich von Hayek, mais aussi Joseph Schumpeter ?

Les mêmes divergences s’observent dans la pensée d’inspiration keynésienne.
Le courant dominant des années 60, dit de "la synthèse néoclassique" et représenté particulièrement par l’économiste américain Paul Anthony Samuelson est très différent de celui qui prolonge le travail de John Maynard Keynes à Cambridge avec Joan Robinson et Nicolas Kaldor. Les deux sont étrangers aux préoccupations des néokeynésiens de l’école dite des "déséquilibres" ou des "équilibres avec rationnements", elles mêmes rejetées par les tenants de "l’économie du circuit".

Pour le marxisme, la pratique du socialisme "réel" et l’histoire bouleversée des mouvements révolutionnaires du XXe siècle accentue encore ce sentiment de diversité. Joseph Staline, Léon Trotski, Mao Ze Dong, Fidel Castro, se référaient tous à Marx, et les économistes officiels de ces régimes et/ou de ces déviations réclamaient l’héritage d’une pensée purement marxiste, les autres
étant en fait de “dangereux manipulateurs trichant et déformant la pensée du maître”.

Que dire dans ces conditions de ceux qui empruntent à différents courants et que les spécialistes actuels de l’histoire de la pensée qualifient d’auteurs "hétérodoxes". Il paraît souvent naturel de les considérer comme des dissidents, mais eux-mêmes affirment parfois être au contraire soucieux du respect de la pensée d’origine des grands auteurs.

La prudence s’impose donc dans la détermination des étiquettes politiques pouvant être associées à tel ou tel courant de la pensée économique. C’est pour cette raison qu’il faut dans un premier temps tracer un tableau assez large des éléments communs aux auteurs qui se réclament (ou sont rangés) de (dans) chacun de ces paradigmes.

Une théorie se développe dans un environnement historique qui doit être éclairé d’un triple point de vue :
- les caractéristiques socio-économiques de la période, parce que la révolution industrielle et la crise de 1929 ne conduisent pas aux mêmes préoccupations.
- le climat culturel et le mouvement général des idées, parce que les auteurs ne sont pas insensibles aux débats des autres sciences ou à la réflexion philosophique.
- les objectifs spécifiques des auteurs dans leur propre domaine : critiquer les idées
économiques dominantes du moment soit pour les réfuter, soit pour les conforter à partir d’une nouvelle argumentation, traiter des questions laissées jusque-là sans réponse.


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 2913 / 1404550

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Économie générale  Suivre la vie du site L’économie et son domaine  Suivre la vie du site Cours   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP + AHUNTSIC

Creative Commons License